Actualisé 29.09.2016 à 21:18

France

Le secteur automobile en pleine mutation

Le Mondial de l'automobile de Paris ouvre jeudi ses portes aux professionnels, le moral dopé par la bonne santé du secteur.

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Le Mondial de l'automobile de Paris a accueilli cette année près de 1,1 million de visiteurs. (Dimanche 16 octobre 2016)

Le Mondial de l'automobile de Paris a accueilli cette année près de 1,1 million de visiteurs. (Dimanche 16 octobre 2016)

AFP
En famille ou en groupes d'amis, des dizaines de milliers d'amateurs ont déferlé dans l'enceinte du Parc des Expositions, à Paris. (samedi 1er octobre 2016)

En famille ou en groupes d'amis, des dizaines de milliers d'amateurs ont déferlé dans l'enceinte du Parc des Expositions, à Paris. (samedi 1er octobre 2016)

AFP
La ministre française de l'Environnement, Ségolène Royal a insisté sur le «zéro émission» lors de sa visite à l'ouverture du Mondial samedi 1er octobre 2016.

La ministre française de l'Environnement, Ségolène Royal a insisté sur le «zéro émission» lors de sa visite à l'ouverture du Mondial samedi 1er octobre 2016.

AFP

Des dizaines de milliers de professionnels et de journalistes sont attendus dès avant l'aube au Parc des expositions. Le grand public sera admis à partir de samedi, jusqu'au 16 octobre.

Les patrons du secteur, qui vont vanter leurs nouveautés, technologies et stratégies, abordent cette manifestation dans de bonnes dispositions: le secteur s'est remis d'aplomb en Europe après la profonde crise de 2008-2013. La croissance des immatriculations de voitures particulières neuves depuis début 2016 s'établit à 6,1% en France et 8,1% dans l'UE. Les volumes d'avant-crise semblent à portée de main, même si le «Brexit» risque, selon certains experts, de faire fléchir la tendance en 2017.

Au delà des ambitions de conquête d'un monde qui n'a jamais autant acheté de voitures - 87 millions en 2015 contre 62 millions en 2009 -, les constructeurs doivent relever plusieurs défis dont certains remettent en cause leur modèle séculaire. On pense évidemment à Volkswagen qui, un an après le début d'un scandale mondial, tente un virage à 180 degrés vers les motorisations électriques tout en étant loin d'avoir soldé les conséquences du truquage de 11 millions de moteurs diesel.

«Adieu au diesel»

«Nous mobilisons toutes les ressources disponibles pour aller jusqu'aux racines de cette crise et résoudre tous les problèmes. Et nous avons fait d'importants progrès», a promis le patron de Volkswagen Matthias Müller mercredi soir à Paris. Mais le secteur est entré dans l'ère du soupçon. En France, une commission d'experts a confirmé des décalages parfois énormes entre les émissions polluantes des automobiles en usage réel et celles de leurs fiches techniques, et laissé ouverte la question d'une triche chez d'autres constructeurs, malgré leurs dénégations.

Or, les normes d'émissions sont sur le point de devenir plus strictes, la quadrature du cercle imposant aux constructeurs de réduire à la fois les émissions nocives d'oxydes d'azote (NOx) au nom de la santé publique et celles de CO2, l'une des causes du réchauffement climatique. Les motorisations diesel, privilégiées depuis 30 ans en France, risquent d'en faire les frais. «Du point de vue des nouveautés présentées, le salon de Paris donne le coup d'envoi d'une forme d'adieu au diesel de la part des constructeurs», juge le spécialiste automobile allemand Ferdinand Dudenhöffer.

De fait, les marques, dont VW mais aussi Opel, Renault et Mercedes, insistent à Paris sur leur engagement envers la mobilité électrique. Fournisseurs de plus gros volumes dans l'immédiat, les 4x4 urbains de série régneront sur les stands avec les nouveaux Peugeot 3008 et 5008, Renault Koléos, Toyota C-HR, Skoda Kodiaq, Seat Ateca, Audi Q5 et BMW X2.

Quelque 200 marques au Mondial

Autre grande tendance à laquelle les constructeurs essaient de s'adapter, le passage de la propriété à l'usage, phénomène qui pourrait être renforcé par l'arrivée des voitures autonomes dans la prochaine décennie. Entre autres, VW et PSA s'affirment décidés à négocier ce passage de constructeur de machines à «fournisseur de mobilité», et le Mondial prend acte de cette évolution avec une journée spéciale le 5 octobre.

Le choix des Britanniques de sortir de l'UE devrait aussi être dans toutes les têtes au salon jeudi. Réunis la veille à Paris, des dirigeants du secteur automobile britannique ont réitéré leur appel à conserver la libre circulation des biens et des personnes avec l'Union, qui dépendront des négociations à venir. Au total, quelque 200 marques sont représentées au Mondial. Au moins sept (Ford, Mazda, Volvo, Aston Martin, Lamborghini, Bentley et Alpine) manquent toutefois à l'appel, sceptiques quant à la pertinence commerciale de l'événement.

Les organisateurs répliquent que le salon de Paris, dont les racines remontent à 1898, reste l'événement du genre le plus populaire: 1,25 million de personnes lors de sa dernière édition en 2014. Il est organisé tous les deux ans en alternance avec Francfort (Allemagne). (nxp/afp)

(NewsXpress)

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