Crise - Etats-Unis: Le secteur automobile promet des sacrifices

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Crise - Etats-UnisLe secteur automobile promet des sacrifices

Les constructeurs automobiles américains ont promis mardi au Congrès de se restructurer en profondeur pour décrocher l'aide étatique.

Les parlementaires en ont fait une condition au déblocage d'une aide financière indispensable pour leur éviter le dépôt de bilan.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a clairement indiqué que l'octroi d'une aide ne faisait plus guère de doute. Mais elle a souligné que le Congrès se réservait le droit de réécrire les plans stratégiques des constructeurs de Detroit si nécessaire.

«Je crois qu'une intervention (en faveur de General Motors, Ford et Chrysler) va arriver», a-t-elle dit, estimant que l'ouverture d'un financement relais à court terme «est la façon de procéder». Les trois constructeurs réclament une aide cumulée de 34 milliards de dollars: jusqu'à 18 milliards pour GM, 9 pour Ford, 7 pour Chrysler.

Salaire: un dollar

Mais, a ajouté Mme Pelosi, «nous voulons voir un engagement pour l'avenir. Nous voulons voir une restructuration» des outils de production et «une réforme de la rémunération» des dirigeants.

Le directeur général de Ford Alan Mulally, rémunéré 28 millions de dollars en 2007, a indiqué qu'il serait prêt à accepter un salaire annuel d'un dollar à partir du moment où son groupe tirerait sur la ligne de crédit consentie par le gouvernement. Son homologue de GM, Rick Wagoner, en a fait autant. Chez Chrysler, Robert Nardelli y était prêt dès le mois dernier.

Tous ont promis de remanier leur gamme, le jour même de la publication de nouveaux chiffres de ventes pour novembre catastrophiques aux Etats-Unis: General Motors a vendu 41% de voitures en moins, Ford 30% et Chrysler 47%.

GM taille dans le vif

GM s'est dit prêt à sacrifier le tiers de ses salariés américains, avec 31 500 suppressions d'emploi prévues d'ici à 2012. Le constructeur, critiqué pour le nombre excessif de ses marques, a aussi engagé une réflexion sur l'avenir de Saab et de Saturn. En d'autres termes, ces deux marques seront vendues ou fermées.

Le numéro un américain a souligné qu'il lui fallait absolument obtenir quatre milliards de dollars avant la fin du mois. GM a en outre demandé l'octroi d'une ligne de crédit de six milliards supplémentaires pour financer son exploitation quotidienne «au cas où le recul du marché automobile américain persisterait».

Ce total de 18 milliards «est supérieur au montant demandé» par la direction au Congrès il y a deux semaines, a reconnu GM, en expliquant qu'il s'agit d'une «provision» en cas de dégradation du marché. Le groupe, qui s'est engagé à rembourser ces financements d'ici 2012, pense redevenir rentable une fois son plan de restructuration mené à bien.

Retour à l'équilibre

Ford réclame une ligne de crédit d'un montant de neuf milliards de dollars, auquel il ne toucherait qu'en cas de besoin. Mais le groupe, considéré comme le moins mal en point des «Big Three», a souligné «avoir espoir de réussir sa restructuration sans toucher au crédit que le Congrès déciderait de débloquer», tablant sur un retour à l'équilibre d'ici 2011.

Le constructeur a promis d'investir 14 milliards de dollars en nouvelles technologies pour accélérer la sortie de véhicules plus petits et plus propres, notamment des motorisations tout électrique à partir de 2010.

Voitures «vertes»

Chez Chrysler, on n'a pas avancé de nouvelles mesure. Le plus petits des trois constructeurs a indiqué qu'il n'allait pas survivre sans aide publique, mais qu'il comptait sur l'amélioration de sa gamme pour assurer la viabilité du groupe.

«Chrysler s'est déjà engagé, et est en train d'accélérer, un plan pour améliorer sa structure de coûts, simplifier ses activités, rediriger sa gamme pour satisfaire aux normes écologiques et à la demande de produits plus 'verts', et rationaliser son réseau de concessionnaires», indique-t-il.

(ats)

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