Votation contre l'immigration de masse: Le secteur de l'ingénierie s'inquiète
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Votation contre l'immigration de masseLe secteur de l'ingénierie s'inquiète

La branche de l'ingénierie et de la planification en construction se dit préoccupée des conséquences du scrutin du 9 février sur l'immigration. Elle a besoin d'au moins 800 étrangers chaque année.

Le secteur dit rechercher quelque 4000 ingénieurs chaque année, dont au moins 800 collaborateurs étrangers pour couvrir ce besoin annuel.

La situation se révèle plus préoccupante encore dans les régions frontalières, comme le bassin lémanique, Bâle ou le Tessin, où non pas 20, mais 40% de la main-d'oeuvre est étrangère. Tels sont les résultats de l'enquête réalisée et publiée lundi par L'Union suisse des sociétés d'ingénieurs-conseils (usic) auprès de ses membres - 434 entreprises qui comptent plus de 14'000 employés.

Le secteur suisse de l'ingénierie et de la planification en construction, appelé à croître «de façon marquée» ces cinq prochaines années, est ainsi tributaire de l'afflux de travailleurs étrangers. «Il serait inacceptable qu'une transposition erronée de l'initiative contre l'immigration de masse étouffe purement et simplement notre branche», explique Heinz Marti, président de l'usic.

Les entreprises ont conclu des contrats à long terme dans le domaine des travaux publics avec de grands projets routiers et ferroviaires, rappelle l'usic. Elles ne pourront, toutefois, honorer ces engagements que si elles disposent d'une main-d'oeuvre suffisante, prévient l'association.

Pénurie aggravée par une immigration limitée

Heinz Marti appelle la Berne fédérale à prendre ses responsabilités. «Faute de quoi la Confédération risque de nuire non seulement à notre branche, mais à la Suisse tout entière.»

Pour l'heure, sur les 14'000 collaborateurs employés par les membres de l'usic, 25% ne possèdent pas le passeport à croix blanche. De ces 2900 salariés étrangers, environ 90% proviennent de l'Union européenne. Parmi eux, 67% habitent en Suisse, le reste aux frontières.

En raison d'un besoin croissant général ( 6,3%) et de la compensation des fluctuations - changements, retraite - (4,3%), les exigences en nouvelles forces vives atteignent, au bas mot, un taux de 10%, estime l'usic. Ce taux correspond à 1600 personnes en moyenne recherchées chaque année jusqu'en 2019 pour les membres de l'association et, partant que ceux-ci constituent près de 40% du marché helvétique, à 4000 pour l'ensemble de la branche en Suisse.

Les 434 sociétés membres de l'usic, réparties sur quelque 960 sites à travers la Suisse, génèrent un chiffre d'affaires annuel de 2 milliards de francs. Elles couvrent les domaines du génie civil, de la technique du bâtiment, de l'ingénierie électrique, de la géologie et la géotechnique, de l'ingénierie environnementale, de la géomatique, ainsi que de l'aménagement du territoire et du paysage. (ats)

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