Actualisé 24.02.2011 à 18:35

Séisme en Nouvelle-ZélandeLe séisme a fait 102 morts et 228 disparus

L'espoir s'est amenuisé jeudi de retrouver des survivants à Christchurch deux jours après le séisme le plus meurtrier en Nouvelle-Zélande depuis 80 ans.

L'espoir s'est amenuisé jeudi de retrouver des survivants à Christchurch deux jours après le séisme le plus meurtrier en Nouvelle-Zélande depuis 80 ans. Aucun signe de vie des personnes coincées sous les décombres n'a été perçu par les secouristes ces dernières 24 heures. Le bilan se monte à 102 morts et 228 disparus.

«Nous espérons pouvoir trouver des survivants mais au fur et à mesure que le temps passe, l'espoir diminue», a déclaré Russell Gibson, un haut responsable de la police. Le bilan a atteint 102 morts et 228 disparus, a annoncé le ministre néo-zélandais de la Défense civile, John Carter.

Le premier ministre John Key a demandé aux Néo-Zélandais d'être réalistes. «A travers le monde, en cas de désastre semblable, nous avons vu des miracles se produire, avec des gens retirés vivants des ruines des jours et même parfois des semaines après l'événement», a déclaré le chef du gouvernement sur la télévision TV3. «On ne peut pas abandonner tout espoir, mais il faut aussi être réaliste».

Drame dans une école

Une école de langue, située dans l'un des bâtiments les plus détruits du centre-ville, a indiqué que 48 de ses employés et étudiants, la plupart asiatiques, étaient portés disparus.

L'établissement, baptisé «Kings Education», a publié sur son site les noms des élèves et des membres du personnel portés disparus, précisant que la liste avait été établie avec l'aide de témoins et des autorités éducatives. Selon le ministère japonais des Affaires étrangères, 27 Japonais au moins qui fréquentaient cette école étaient portés disparus.

Vingt étudiants chinois ont vraisemblablement aussi été pris au piège, a rapporté jeudi la télévision officielle chinoise. Deux jeunes Sud-Coréens figurent également sur la liste, ainsi que d'autres jeunes adultes venus dans la deuxième ville néo-zélandaise pour apprendre l'anglais.

Une équipe de secouristes envoyée par Tokyo était chargée de fouiller ces ruines. A proximité de ce bâtiment, qui abritait, outre l'école de langue, des locaux de la télévision régionale, figure le Grand Chancellor Hotel, l'immeuble le plus haut de Christchurch, qui risque de s'effondrer, selon les autorités.

Etat d'urgence

Dans la nuit suivant le séisme, qui s'est produit mardi à la mi- journée, les secours avaient retiré des décombres une trentaine de personnes en vie. Elles n'étaient plus qu'une poignée à avoir été sauvées mercredi, mais depuis, les fouilles des secouristes ont été vaines.

Dans un immeuble de quatre étages baptisé le Pyne Gould, qui s'est abattu comme un château de cartes, les efforts portent à présent sur la récupération des corps, ont indiqué les autorités. Quatorze personnes manquent à l'appel. A l'aéroport, des centaines de personnes réfugiées tentaient elles de quitter la ville ravagée.

L'état d'urgence a été décrété dans le pays entier, pour la première fois de son histoire: cela permet de diriger toutes les ressources nationales nécessaires à l'effort d'aide et de secours à Christchurch.

Economie touchée

Les vastes dégâts provoqués par le séisme vont en outre peser sur l'économie du pays, selon des analystes. Le coût des destructions pourrait atteindre 11,5 milliards de dollars néo-zélandais (environ 8 milliards de francs), selon l'estimation de AIR Worldwide, une société d'évaluation des dommages pour les assureurs après une catastrophe.

Le tremblement de terre a eu lieu mardi à 12h51 (00h51 suisses) à 5 km de Christchurch et à seulement 4 km de profondeur, ce qui le rendait d'autant plus dévastateur. Il survient six mois après un autre séisme, toujours à Christchurch, de magnitude 7, qui n'avait fait ni mort ni blessé.

Images de Christchurch après le séisme

(Source: YouTube) (afp)

Pilleurs avertis

La police néo-zélandaise a annoncé des mesures pour empêcher des cambriolages ou des pillages à Christchurch, dans les maisons désertées par leurs habitants après le puissant séisme de mardi. Elle a fait savoir jeudi qu'une douzaine de cas avaient été recensés.

La police va «couvrir» la ville et ses banlieues de nombreuses patrouilles et faire respecter un strict couvre-feu, a indiqué le commandant de police du district de Christchurch, Dave Cliff. Des policiers australiens et des soldats néo-zélandais vont aider à cette surveillance, a-t-il ajouté.

«Nous voulons vous garantir que ces patrouilles surveilleront activement quiconque tenté de profiter de manière criminelle de ce qui vient de se passer», a déclaré le commandant.

Le centre de Christchurch, partie la plus touchée de la ville par le tremblement de terre en raison de ses hauts immeubles, a été complètement interdit d'accès dès mardi pour laisser travailler les secours et éviter les pillages.

Les enfants d'une productrice de télévision, disparue dans l'effondrement du bâtiment de la télévision régionale, ont trouvé leur maison cambriolée mercredi soir. Ils venaient de passer plusieurs heures près des ruines, dans l'attente de renseignements par les secours.

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