Actualisé 23.03.2016 à 15:03

Football – Equipe de SuisseLe sélectionneur national a réussi sa rentrée

«Vous m'avez manqué...» Vladimir Petkovic a entamé sa 1ère conférence de presse de l'année sur une note d'humour. Avant de la mener avec un réel brio.

Vladimir Petkovic (à droite) n'a évité aucun thème brûlant.

Vladimir Petkovic (à droite) n'a évité aucun thème brûlant.

photo: Keystone/Ennio Leanza

Revenu de la veille de Sarajevo où il avait assisté aux funérailles de sa belle-mère, le sélectionneur de l'équipe de Suisse s'est livré sans retenue. A deux jours match amical que la Suisse livrera à Dublin contre l'Eire, il n'a esquivé aucun sujet: la reconduction de son contrat, l'éviction de Gökhan Inler et ses espoirs pour le prochain Euro.

«Il n'y a jamais eu un seul doute dans mon esprit: je voulais poursuivre ma mission à la tête de l'équipe de Suisse, explique Vladimir Petkovic, qui a reconduit son contrat jusqu'au terme de la campagne du tour préliminaire de la Coupe du monde 2018. J'ai toujours eu le soutien et la confiance de l'Association Suisse de Football. Tout s'est réglé en trois rendez-vous. Il n'y a pas eu de poker menteur de ma part. Juste la volonté de voir les choses en plus grand, de donner vraiment à nos joueurs les moyens de s'entraîner dans les meilleures conditions. Depuis trois jours ici à Feusisberg, je crois qu'ils apprécient les modifications qui ont été apportées.»

Un crédit qui n'est pas illimité

Ce n'est que vendredi dernier que Vladimir Petkovic a finalement acté le choix de se priver de Gökhan Inler pour les deux premières rencontres de l'année. «Gökhan paie tout simplement son manque de temps de jeu. C'est une décision arrêtée uniquement sur un critère sportif, poursuit-il. Il l'a comprise. J'ai suivi ma ligne de conduite. A mes yeux, le temps de jeu est primordial. Un joueur qui ne joue pas régulièrement perdra tôt ou tard le bon rythme. Gökan, en raison de son vécu en sélection, a bénéficié d'un crédit de ma part à l'automne et même avant quand il ne jouait pas tous les matches avec Napoli. Mais ce crédit n'est pas illimité.» On rappellera que le Soleurois n'a pas joué cette année une seule minute en Premier League.

Vladimir Petkovic ne ferme toutefois pas la porte à son capitaine. «A sa place aujourd'hui, j'aurais la rage, dit-il. Je ferais tout pour jouer. Seulement, il appartient à une équipe qui gagne sans lui depuis des mois. Claudio Ranieri n'a aucune raison de modifier son onze de départ. Mais on ne sait jamais ce qui peut se produire lors de ces prochaines semaines. Si Gökhan joue avec Leicester, il sera à nouveau un candidat pour l'équipe nationale. Et si je dois l'aligner, il sera notre capitaine selon la hiérarchie qui est établie.»

Le sélectionneur a également évoqué le cas de Fabian Lustenberger. Le capitaine du Hertha Berlin est l'autre grand absent de sa liste. «Je l'ai eu au téléphone. Et j'ai eu le sentiment qu'il n'est pas prêt à venir en sélection s'il n'est pas titulaire, lâche-t-il. Or, je ne peux pas me permettre de faire des promesses. Avec moi, tout doit se mériter. Je crois aussi que son avenir au Hertha se conjuguera plutôt en ligne médiane qu'en défense centrale. Et au milieu, la concurrence en équipe de Suisse est plutôt fournie.»

Un pas en arrière pour se remettre dans le jeu

Vladimir Petkovic a confirmé que la sélection de Philippe Senderos s'est décidée à la dernière minute. «Philippe n'aurait pas dû venir. Seulement, il y a eu l'annonce de la mononucléose de Johan Djourou, précise-t-il. Philippe a accepté de faire un pas en arrière - ndlr: quitter l'Angleterre pour revenir en Suisse - pour se remettre dans le jeu avec l'équipe de Suisse. Quant à Djourou, on a bien senti sur le terrain que quelque chose n'allait pas ces derniers temps. Même si tout pronostic est impossible avec une maladie comme la mononucléose, j'ai bon espoir qu'il sera avec nous à l'Euro.» Le Genevois du SV Hambourg a été l'incontestable «patron» de sa défense lors de la campagne de qualification pour l'Euro 2016. Son absence en France serait un véritable coup dur.

Enfin, Vladimir Petkovic n'a pas voulu fixer un but concret pour l'Euro 2016. Seulement, la marche à suivre qu'il indique témoigne d'une ambition réelle. «Nous devons assurer notre qualification lors des deux premiers matches contre l'Albanie est la Roumanie pour jouer la première place du groupe face à la France, commande-t-il. Nous devons garder les pieds sur terre, c'est vrai. Mais nous ne devons pas avoir peur d'être arrogants, d'être ambitieux. Je ne veux pas seulement que l'on gagne de la sympathie par la qualité de notre jeu. Je veux qu'on obtienne des résultats!»

(ats)

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