Actualisé 02.10.2008 à 04:30

Crise financière

Le Sénat US adopte un plan historique de sauvetage des banques

Les sénateurs américains ont adopté mercredi un plan de soutien historique au secteur bancaire, d'un montant de 700 milliards de dollars.

Les candidats à la Maison Blanche Barack Obama et John McCain, sénateurs eux aussi, ont pris part au vote.

Le Sénat a approuvé par 74 voix contre 25 ce projet baptisé «Loi sur la stabilisation économique d'urgence de 2008», qui donne, à cinq semaines de l'élection présidentielle, une latitude et des moyens sans précédent au secrétaire au Trésor Henry Paulson pour venir au secours du secteur bancaire.

Ce vote ouvre la voie à l'approbation du texte dès vendredi par la Chambre des représentants, qui l'avait rejeté lundi à 13 voix près (228-205), faisant brutalement chuter le Dow Jones et les bourses mondiales.

Des républicains surtout avaient refusé de soutenir ce qu'ils considéraient comme une intervention massive de l'Etat dans le secteur privé aux frais des contribuables.

Rachat des actifs dépréciés

L'objectif du plan est de donner à l'Etat les moyens et l'autorité de racheter les actifs dépréciés des institutions financières mises à mal par la crise des prêts immobiliers à risque, les «subprime». Plus d'une douzaine de banques ont déjà fait faillite aux Etats-Unis.

«J'applaudis le Sénat pour son vote réunissant les deux partis», a réagi le président George W. Bush. «C'est au tour de la Chambre d'examiner cette loi. Avec les améliorations que lui a apporté le Sénat, je crois que les représentants des deux partis peuvent soutenir ce texte», a poursuivi M. Bush affirmant que l'état de l'économie «exigeait» l'adoption du plan.

M. Paulson s'est également réjoui du vote «pluraliste» du Sénat dans un communiqué et a appelé «la Chambre à agir rapidement pour adopter ce projet de loi».

Un texte légèrement révisé a été présenté au Sénat mercredi, introduisant une augmentation de la garantie par l'Etat des dépôts des clients dans les banques, le plafond garanti passant de 100 000 à 250 000 dollars. Des crédits d'impôts à la classe moyenne et aux entreprises ont également été introduits.

Discours d'Obama

Interrompant leur campagne, John McCain et Barack Obama, tous deux sénateurs, sont venus au Capitole pour voter le plan. Dans un discours aux accents présidentiels, M. Obama a repris les mots du président Franklin D. Roosevelt, artisan du redressement après la crise de 1929.

«Unissons-nous pour bannir la peur! Aujourd'hui on ne peut pas échouer. Ni maintenant, ni demain, ni l'année prochaine (...)», a-t- il déclaré.

Décrivant la crise comme potentiellement «catastrophique», M. Obama a expliqué qu'»on risquait de voir des milliers d'entreprises mettre la clé sous la porte, des millions d'emplois disparaître et une longue et douloureuse récession s'en suivre».

«En d'autres termes, ce n'est pas seulement une crise de Wall Street, c'est une crise américaine», a-t-il lancé. Son rival John McCain n'a pas prononcé de discours à la tribune.

Manifestation de «faux milliardaires»

Le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s'est réjoui à la tribune du fait qu'»en plein milieu d'une campagne présidentielle, il avait été possible de mettre cela de côté et s'unir (...) pour l'un des plus grands moments dans l'histoire du Sénat».

Le sénateur démocrate John Kerry a jugé ce vote comme étant «un message fort et opportun non seulement à la Chambre mais au pays». Son collègue démocrate Charles Schumer, membre de la commission bancaire du Sénat, s'est dit «très optimiste» sur l'issue du vote à la Chambre.

Peu avant l'adoption du plan, des militants de la cause ouvrière déguisés en milliardaires ont manifesté devant plusieurs banques de Washington en scandant «Nous l'avons brisé, vous le réparez».

Sous le nom des «Milliardaires pour le sauvetage», ces activistes ont joué les rôles de leurs compatriotes les plus riches pour tourner le plan «Paulson» en dérision, appelant le Congrès à l'adopter pour préserver leur mode de vie.

(ats)

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