Football: Le Servette FC déclaré zone sinistrée
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FootballLe Servette FC déclaré zone sinistrée

Les défis que doit rapidement relever le Servette FC vont bien au-delà de la relégation en Challenge League des Genevois.

Un an après avoir échappé de justesse à une deuxième faillite, le club grenat conserve les inquiétantes allures d'une zone sinistrée. Sportivement et administrativement.

Administrativement d'abord, puisque l'appartenance-même du SFC à la Swiss Football League, rappelons-le, demeure pendante de la décision en deuxième instance de la Commission des licences. Hugh Quennec a été auditionné jeudi à Berne. Le verdict sera rendu le lundi 3 juin. Imperturbable optimiste, le président répète sa confiance et assure que «le budget pour cette saison est équilibré, ce qui nous permettra de commencer la saison prochaine avec des finances saines».

Il serait par trop injuste de fustiger l'action de Quennec à la tête d'un club où il a été appelé à la rescousse en catastrophe et où il a dû oeuvrer dans l'urgence. Les difficultés que le Canadien a alors connues, notamment les problèmes de liquidités ayant causé parfois des retards de paiements, étaient en définitive prévisibles et ont été semble-t-il surmontées avec une certaine maîtrise.

Savoir s'entourer

«En tant que propriétaire et président, poursuit-il dans un communiqué, j'endosse l'entière responsabilité des mauvais résultats sportifs enregistrés et je m'en excuse.» Certes excessive, la déclaration n'est pas totalement dénuée de sens non plus. La plus grande faute de Quennec a été de ne pas savoir doter le secteur sportif du Servette FC d'hommes de compétence. En ligne de mire, bien entendu, le rôle si crucial de directeur sportif.

Une tâche embrassée mi-2012 par Arpad Soos et reprise en novembre dernier par Piero Bobbio. Deux personnages connus du football régional (vaudois pour l'un, genevois pour l'autre) n'ayant cependant ni le réseau ni la crédibilité nécessaires pour constituer un effectif de premier ordre. «Il nous a manqué de la substance, sans parler de qualité intrinsèque, convient Sébastien Fournier. Je n'ai par exemple pas à ma disposition huit défenseurs de Super League.»

C'est aussi et surtout pour cela que le coach s'est systématiquement refusé de critiquer des joueurs n'ayant pour la plupart pas le niveau de l'élite. Mauvais casting, donc, mais également bien mauvaise gestion des licences, Servette ayant attribué les vingt-cinq places auxquelles il avait droit mais ayant souffert toute la saison de l'absence d'un deuxième latéral gauche quand François Moubandje était blessé ou alors du manque de solution en attaque (Christopher Routis, défenseur central de métier, a plusieurs fois été aligné avant-centre...)

Un bricolage indigne du plus haut niveau mais que Fournier pouvait pardonner cette saison, compte tenu de l'immense chantier qui occupait Hugh Quennec. Le Valaisan prévient toutefois qu'il se montrera bien moins clément dès la reprise. Il exigera de réels renforts, une équipe compétitive, un projet cohérent. Faute de quoi il pourrait peut-être bien ne pas aller au bout de l'année de contrat pour laquelle il a signé il y a peu.

Contacts avec Loïc Favre

Offrir un contingent fourni à l'entraîneur grenat... Le treizième travail d'Hercule! Du fait de la gestion calamiteuse des contrats des joueurs, le SFC va perdre ses deux meilleurs joueurs (Kouassi et Rüfli sont arrivés en fin de bail) et n'a toujours pas évoqué l'avenir avec deux des trois derniers membres du contingent possédant un tant soit peu de valeur marchande (Pasche et surtout Moubandje)! Or il ne reste plus qu'un an à Servette pour essayer de vendre deux hommes qui seront libres en juin 2014, qui semblent peu motivés à militer en Challenge League et qui se doivent de poursuivre leur progression en se frottant au gratin.

Sébastien Fournier prendra donc quelques jours de vacances en ayant moins de dix joueurs sous contrat, dont certains partiront vraisemblablement. Avec l'obligation de repartir presque de zéro. Il serait de bon goût de faire aboutir les contacts existants avec Loïc Favre, le fils de Lucien, pour le poste de directeur sportif. Car Fournier seul ne peut pas porter toute la responsabilité de la politique sportive du club.

Plus de doute, un an après avoir échappé de justesse à une deuxième faillite, le club grenat conserve les inquiétantes allures d'une zone sinistrée. Sportivement et administrativement. (ats)

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