Restauration - «Le service, c’est vraiment pas le top en ce moment»
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Restauration«Le service, c’est vraiment pas le top en ce moment»

La main-d’œuvre manque à l’appel dans les bars et les restaurants, depuis leur réouverture. La qualité de l’accueil en a pris un coup.

par
Leila Hussein
Les mesures sanitaires que les serveurs doivent faire respecter sont une source de stress supplémentaire.

Les mesures sanitaires que les serveurs doivent faire respecter sont une source de stress supplémentaire.

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Attente prolongée, commandes erronées, voire oubliées, employés stressés. De nombreux clients font état d’une baisse de la qualité du service dans les restaurants genevois, depuis la reprise. «Tout est fait à moitié. Il faut demander plusieurs fois pour obtenir ce que l’on veut», s’exaspère Max*, qui précise que «ce n’est heureusement pas partout comme ça». Mia*, elle, se souvient de sa première sortie: «L’un des plats n’est jamais arrivé et les serveurs ne s’arrêtaient pas pour prendre nos commandes.» Employé dans la restauration, Tom* confirme: «Le service, c’est pas le top en ce moment.»

Même bilan dans le canton de Vaud, où Alex* constate qu’il faut «attendre ultra longtemps avant d’être servi». Installées sur une terrasse à Genève, deux amies remarquent que «le serveur à l’air débordé». Et pour cause. En plus de s’occuper d’une vingtaine de tables, l’homme doit également répondre au téléphone qui sonne régulièrement.

Employés en sous-effectifs

Pour Gilles Meystre, président de GastroVaud, tout le problème vient de là: «Les employés sont en sous-effectifs.» Face à l’incertitude de la météo, des conditions de réouverture et de l’affluence des clients, «les patrons ont préféré être prudents et ont engagé de manière précautionneuse. Je les comprends. Le personnel représente 50% des charges.» À cela vient s’ajouter la pénurie de main-d’œuvre. Après une année lourdement impactée par les mesures anti-Covid-19, beaucoup de collaborateurs ont déserté les rangs et ont trouvé une autre activité pour subvenir à leurs besoins, constate Gilles Meystre.

Pénurie dans toute la Suisse

Selon le président d’HotellerieSuisse, cité dans la Handelszeitung, «environ un dixième des 80’000 à 90’000 postes d’employés qualifiés n’est actuellement pas pourvu», en Suisse. Des régions comme le Tessin, l’Oberland bernois et les Grisons seraient particulièrement touchées.

Durant la pandémie, quelque 50’000 emplois ont été supprimés, selon GastroSuisse. Résultat: aujourd’hui, les gérants peinent à recruter et ont dû se tourner vers du personnel moins qualifié. De son côté, le président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève, Laurent Terlinchamp, préfère ne pas se prononcer, estimant «qu’il n’a pas le recul nécessaire».

«Les contraintes plombent l’art de l’accueil»

Un autre défi s’ajoute à la gestion du personnel, souligne le président de GastroVaud: le respect des mesures de lutte contre le virus. «Le traçage, le port du masque, la limitation des personnes. Ce travail de vérification incombe aux serveurs. Ça génère un stress énorme.» Le responsable espère un retour à la normale rapidement, car «toutes ces contraintes plombent l’art de l’accueil qui est le nôtre». Il relève néanmoins que les clients sont heureux de retrouver les bistrots.

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