Lausanne: Le Service de pédiatrie du CHUV sous pression

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LausanneLe Service de pédiatrie du CHUV sous pression

Démissions en cascade, burn-out, retards dans les consultations et prises en charge des patients dépréciées, des médecins témoignent des dysfonctionnements au sein de l’hôpital.

par
Perrine Millet
Le Service de pédiatrie du CHUV.

Le Service de pédiatrie du CHUV.

Archives/24 heures/Patrick Martin

Mardi 12 avril, le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) publiait un communiqué annonçant que son service de pédiatrie était contraint de se réorganiser temporairement, pour faire face à plusieurs départs liés à la retraite, à des absences dues au Covid, ainsi qu’à des congés maternité ou maladie. Dans son édition du jour, «Le Temps» publie les témoignages d’une dizaine de médecins qui y travaillent ou en sont partis, et c’est peu dire que la situation décrite est moins rose que celle admise par la direction générale du CHUV. En effet, plusieurs soignants ont démissionné ou ont été victimes de burn-out. À noter que le fameux communiqué du 12 avril a été publié au lendemain d’une rencontre établie entre un groupe de médecins et «Le Temps», afin d’évoquer, justement, leurs conditions de travail.

Selon le journal, un problème de management permet d’expliquer en grande partie les sous-effectifs dans ces unités. Et afin de pallier la pénurie de personnel dans le Service de pédiatrie, il a fallu appeler en renfort, aux urgences ainsi que dans les étages d’hospitalisation, divers spécialistes du département. Mais ceux-ci ont peur de commettre des erreurs, n’ayant pas pratiqué ces disciplines depuis des années. De plus, la situation entraîne des retards dans les consultations de plusieurs mois et une prise en charge des patients non optimale.

Une médecin travaillant au Service de pédiatrie du CHUV et contactée par «20 minutes» confirme ces dysfonctionnements: «Tout ce qui se dit dans cet article est correct». «Pour nous, ça se répercute comme une incertitude pour l’avenir, un manque de motivation et de l’inquiétude pour le futur de la pédiatrie au CHUV pour ces prochaines années». Ceci malgré les mesures annoncées par l’hôpital universitaire dans son communiqué, confirmant l’engagement de plusieurs médecins qui entreront en fonction dès juin et «une situation qui devrait connaître un retour progressif à la normale d’ici à l’automne». Le directeur général du CHUV, Philippe Eckert, se dit, lui, confiant.

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