Actualisé 01.06.2015 à 20:36

SuisseLe sexe reste au programme des enfants

Pas question de supprimer les cours d'éducation sexuelle aux écoliers jusqu'à l'âge de 9 ans.

Après le National, le Conseil des Etats a rejeté lundi par 37 voix contre 1 et 3 abstentions une initiative populaire de la droite conservatrice.

Les cours d'éducation sexuelle à l'école ont fait leurs preuves, a déclaré la présidente de la commission de l'éducation Géraldine Savary (PS/VD). Ils permettent aux jeunes de se prémunir efficacement contre les agressions sexuelles, les grossesses précoces et les maladies sexuellement transmissibles.

Si le nombre d'avortements a nettement baissé au cours des trente dernières années, c'est aussi grâce à elle, a-t-elle poursuivi. «Les programmes scolaires sont efficaces, préviennent et protègent la population la plus fragile, c'est-à-dire les enfants».

Cours «inutiles»

«Non» a rétorqué, Peter Föhn (UDC/SZ). Jusqu'à un certain âge, l'éducation sexuelle doit rester uniquement du ressort de la sphère privée, c'est aux parents de protéger leurs enfants. Un tel enseignement à l'école maternelle et primaire «ne sert à rien», a-t-il tranché.

Tous les enfants n'ont pas la chance de pouvoir en parler au sein de leur famille, a souligné le ministre de la formation Johann Schneider-Ammann. Or ils doivent tous pouvoir être informés correctement de ces risques, en fonction de leur âge et indépendamment de leur situation familiale.

La majorité des abus sexuels ont lieu sur des enfants âgés entre 7 et 12 ans et dans le cercle familial, a renchéri Liliane Maury Pasquier (PS/GE).

Pas avant neuf ans

Issue de la droite conservatrice, l'initiative «Protection contre la sexualisation à l«école maternelle et à l«école primaire» vise à interdire l'éducation sexuelle pour les enfants de moins de 9 ans. Elle serait rendue facultative pour ceux de 9 à 12 ans.

Seul un cours destiné à la prévention des abus pourrait être dispensé à partir de l'école maternelle. Un enseignement obligatoire ne pourrait donc être proposé que pour des enfants de 12 ans et plus, et ce dans le cadre d'un cours de biologie.

Le texte avait été lancé après l'introduction en ville des coffrets d'organes sexuels en peluche à l'école secondaire. Cette idée avait créé l'ire d'un groupe de parents en 2011, conduisant à la création du comité.

Des autruches

Ce texte veut transformer «nos enfants en autruche, qui cachent leur tête dans le sable», a villipendé Liliane Maury Pasquier. Il faut en revanche leur ouvrir les yeux, les informer afin qu'ils puissent poser des limites et sachent où aller chercher de l'aide.

«La sexualité ne se déroule pas uniquement sous la couette», a abondé Christine Egerszegi (PLR/AG). De nombreux criminels s'en prennent aux enfants par Internet, a-t-elle rappelé. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!