Actualisé 07.11.2008 à 18:20

RDC

Le sommet de Nairobi appelle à un cessez-le feu immédiat

Le sommet international sur le conflit dans l'est de la RDC a appelé à un cessez-le-feu immédiat des groupes armés.

Il a aussi demandé la mise en place d'un corridor humanitaire, alors qu'au moins cent civils ont été tués depuis fin août, selon plusieurs ONG.

Le sommet de Nairobi exige «le respect d'un cessez-le-feu immédiat par tous les groupes armés et les milices dans le Nord- Kivu», selon la déclaration finale des travaux lue vendredi devant la presse dans la capitale kényane.

Les présidents de République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et du Rwanda Paul Kagame participaient notamment à ce sommet de sept dirigeants africains, qui a exigé la mise en oeuvre immédiate de tous les accords déjà signés.

Cent civils tués

Au cours des quatre dernières années, plusieurs accords de trêve et de désarmement des milices ont été conclus sans se traduire concrètement sur le terrain. Le Rwanda dément soutenir les troupes du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda et accuse en retour le gouvernement de Kinshasa d'appuyer les rebelles hutus.

La déclaration finale du sommet de Nairobi a également décidé de la mise en place d'un corridor humanitaire dans la zone.

Plusieurs organisations internationales, dont Human Rights Watch (HRW) et Oxfam, ont estimé qu'au moins cent civils ont été tués et plus de 200 blessés depuis que les affrontements ont repris fin août entre les forces de M. Nkunda et les soldats de l'armée.

L'ONU critiquée

Il s'agit du premier bilan communiqué de source indépendante pour ces combats. Les deux parties en conflit ont refusé jusqu'à présent de faire état de leurs pertes.

Le sommet de Nairobi a aussi demandé au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui participait aux travaux, de renforcer le mandat des forces de maintien de la paix en RDC.

Devant les chefs d'Etat africains, M. Ban a pris la défense de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC), accusée vendredi par Kinshasa d'inaction. Il a affirmé que la capacité de la MONUC était arrivée à sa limite malgré les efforts actuels de reconfigurer ses forces et a demandé au Conseil de sécurité de voter l'envoi de 3000 casques bleus supplémentaires.

«Un autre sommet pour rien»

Le diplomate sud-coréen a invité les dirigeants africains à user de leur influence pour contraindre Laurent Nkunda à mettre un terme à ses offensives et à lui couper tout soutien.

«Cette crise pourrait faire sombrer toute la sous-région», a déclaré M. Ban. «Ce n'est qu'au niveau politique, ici dans la région, que des solutions durables pourront être trouvées. Il ne peut y avoir de solution militaire à cette crise.»

La rébellion n'était pas invitée à Nairobi. «C'est un autre sommet pour rien car les Congolais n'ont pas vu leurs problèmes résolus», a déclaré le porte-parole de la rébellion de Laurent Nkunda.

Milliers de civils en fuite

Au moment où se tenait la rencontre, de nouveaux combats ont éclaté entre la rébellion de Laurent Nkunda et l'armée loyaliste à une quinzaine de km au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu, a constaté un journaliste de l'AFP. Intenses affrontements et phases d'accalmie ont alterné jusqu'en fin d'après-midi, quand les combats ont quasiment cessé.

Il s'agissait des affrontements les plus proches de Goma depuis que les rebelles sont positionnés près de la ville. Les deux parties se sont rejetées la responsabilité de ces hostilités. Effrayés, des milliers de civils ont fui un camp de réfugiés voisin, selon les agences de l'ONU, qui gèrent ce camp.

A Genève, le Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU s'est inquiété de l'augmentation des violences sexuelles à la faveur du conflit. De janvier à septembre, 3500 viols ont été recensés. «Cela représente 400 viols par mois en temps normal. On estime que ces chiffres ont doublé à l'occasion des récents affrontements», selon l'ONU.

(ats)

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