03.09.2020 à 04:06

GenèveLe sort de milliers de places de parking se joue dans les urnes

Les Genevois sont appelés à se prononcer sur un assouplissement de la règle de compensation des cases supprimées en surface.

de
Maria Pineiro
 (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
La modification vise à libérer de l’espace en surface.

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Quatre mille places de parking en surface sur les quelque 23’000 que compte le centre de l’agglomération. C’est l’enjeu de la votation du 27 septembre qui vise à assouplir les règles de compensation des cases effacées en surface (lire encadré) . Pour le Conseil d’Etat, ce principe est trop rigide, empêchant la mise en oeuvre de la Loi sur la mobilité cohérente et équilibrée voulue par le peuple à près de 68% en 2016. De fait, l’impossibilité de supprimer du stationnement en surface empêche des aménagements que le Canton affirme être bénéfiques pour tous les modes de transports. Chaque année, ce ne sont que 111 places qui peuvent disparaître. Avec la modification, ce chiffre pourrait être triplé, passant à 1,5% du total. A terme, jusqu’à 4000 places en surface pourraient disparaître, dont une partie serait compensée en sous-sol.

Moins de rigidité

Aujourd’hui, si certaines conditions sont remplies, une case supprimée en surface est estimée comme compensée en sous-sol. Actuellement il est possible de biffer 111 cases par année. En cas d’assouplissement, 334 places pourraient être effacées de la rue par année. Une partie des 4000 cases amenées à disparaître de la voirie ces prochaines années serait ainsi «déménagée» en ouvrage. Une facilitation des dérogations est également soumise au vote afin de débloquer des projets.

Pour le Conseil d’Etat et les défenseurs du projet, partis de gauche, de droite et associations, cet assouplissement est impératif afin de fluidifier et pacifier le trafic au centre. «Pour cela, il faut libérer de la place en surface», argumente Delphine Bachmann, présidente du PDC. Pour les partisans, le centre doit, à l’avenir, être dévolu à la mobilité douce et aux transports publics. Le trafic individuel motorisé devrait être évité afin de permettre la circulation des véhicules professionnels, de secours et ceux des personnes à mobilité réduite. «Cela ne signifie pas la fin de la voiture en ville, mais une priorité à la mobilité douce», illustre le socialiste Thomas Wenger, vice-président de l’ATE Genève. Un changement de paradigme que le PLR Alexandre de Senarclens a qualifié d’«évolution tranquille». Ce d’autant plus que selon les chiffres transmis en commission parlementaire, les ouvrages sous-terrains sont sous-occupés. Pour les riverains, les places en sous-sol pourraient devenir une alternative à la suppression en voirie. «Des discussions sont en cours afin que les possesseurs de macarons puissent occuper une partie de ces infrastructures», affirme Lisa Mazzone, conseillère nationale écologiste.

Fers de lance du référendum, le TCS et la Nouvelle organisation des entrepreneurs (Node), sont vent debout contre ce changement. «Trop rapide!, tonne Yves Menoud, directeur de la Node. Nous ne nous opposons pas à l’évolution, mais pas d’un seul coup. Il faut nous laisser le temps de nous adapter.» L’organisation estime que les professionnels doivent pouvoir se garer en surface, mais elle défend également cette possibilité pour les clients des commerces. «Les gens vont en France, parce qu’ils y arrivent plus rapidement et qu’il y a des parkings gratuits», se désole René Desbaillets, de l’Automobile club suisse. Les opposants mettent également en avant les besoins des familles, des personnes à mobilité réduite et des ceux qui doivent transporter des objets encombrants. Yves Gerber, directeur du TCS Genève, relève que les projections de la Confédération font état d’une hausse du trafic de 18% à l’horizon 2040: «Où mettra-t-on ces voitures?» s’interroge-t-il tout en relevant que la volonté d’électrifier 1300 places et de développer les voitures en libre service nécessitera de l’espace. Mais surtout, ce qui est reproché à l’Etat, c’est un manque de concertation. «Là, c’est brutal», conclut Yves Oberson, président de la Node.

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156 commentaires
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Oleg Ronibar

04.09.2020 à 13:35

De quoi se mèle la Mazzone ? Elle habite Berne !!

Serge Dasfour

04.09.2020 à 06:59

Moins de voiture bon pour le climat mais moins de voiture fait couler les commerces je ne sais pas combien de commerce vont disparaître si on enleve toute les places de parking ! Le mieux c'est de faire de plus de parking souterrain ou des parkings comme a Balexert sa sauvera les commerçants !

Raslebol

03.09.2020 à 08:05

J en ai sincèrement assez. C’est du courage de gueule. Soyez tolérant et laissez le choix au gens, voiture, moto, vélo.. etc.. là c’est la dictature et l intolérance. Les gauchos me tuent!!!! Ce sont les plus intolérants de tous.... car pas concerné.. On prône la mobilité douce pour le climat. On est une épingle sur la planète.. en Inde.. des centaines de millions d individus qui polluent plus a eux seul que 10000x la suisse.. idem en chine, idem au USA.. etc.. donc ARRÊTEZ VOTRE CIRQUE!!!!!!!