Actualisé 14.12.2009 à 19:30

Conférence de CopenhagueLe spectre d'un échec plane sur le sommet climatique

Le spectre d'un échec a plané lundi sur la conférence sur le climat de Copenhague.

Les pays africains ont brièvement suspendu leur participation aux travaux et la Chine a durci le ton vis-à-vis des pays industrialisés.

Les délégués de 193 pays - dont plus de 110 chefs d'Etat attendus en sommet vendredi - doivent décider de la meilleure façon de limiter le réchauffement à 2 degrés au plus au-dessus des niveaux pré-industriels pour éviter le chaos climatique.

Depuis Sydney, le premier ministre australien Kevin Rudd, attendu jeudi, a exhorté chacun à davantage de flexibilité: «Pour parvenir à un accord fort, il va falloir plus de compromis, de toutes parts. Et il y a toujours un risque d'échec», a-t-il déclaré à la chaîne Sky News.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est joint à cette demande en applant les dirigeants du monde à «trouver un compromis». A Bruxelles, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a fait part de son inquiétude. Il estime «impensable» que les Etats ne parviennent pas à un accord au terme du sommet.

La colère de l'Afrique

Les pays africains ont manifesté leur colère en suspendant pendant quelques heures lundi leur participation aux groupes de travail pour protester contre le manque d'attention portée à l'avenir du Protocole de Kyoto, qui impose des contraintes seulement aux pays développés.

Kamel Djemouaï, chef de la délégation algérienne qui représente les pays africains à la conférence, a affirmé que les pays industrialisés cherchaient à faire «capoter» les négociations. Leur projet «signifie que nous allons accepter la mort du seul instrument contraignant qui existe», a-t-il poursuivi.

Les blocages récurrents entre pays en développement et pays industrialisés, en particulier les Etats-Unis, sur le partage des responsabilités, avaient monopolisé la réunion ministérielle restreinte convoquée dimanche, ravivant les tensions.

Les Etats-Unis considèrent, sans le rejeter, que le premier projet d'accord mis vendredi sur la table par les responsables des négociations avantage les pays en développement - et surtout la Chine. Ils insistent en particulier sur l'adoption de mécanismes internationaux de vérification des engagements, qui s'appliqueraient indifféremment aux riches et aux autres.

D'avance, la Chine a exclu toute responsabilité dans un éventuel échec. «Je sais que certains diront que c'est la faute de la Chine s'il n'y pas d'accord. C'est une ruse des pays développés», a lancé le vice-ministre des Affaires étrangères He Yafei, dans une interview au «Financial Times».

Objectifs suisses bientôt atteints

Dans le centre de Copenhague, plus d'un millier de jeunes ont manifesté sous très haute surveillance policière en scandant des slogans hostiles aux mécanismes de marché dans la lutte contre le réchauffement: «Notre climat, pas vos affaires !». Une quinzaine de personnes ont été interpellées.

Le protocole de Kyoto, adopté en 1997, contraint tous les pays industrialisés, à l'exception des Etats-Unis qui ne l'ont pas ratifié, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5,2% par rapport à 1990 d'ici 2012, année où prend fin sa première phase.

La Suisse, qui s'était engagée à réduire ses émission de 8% devrait atteindre ses objectifs, affirme le 5e rapport que l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) présenté en marge de la conférence. Mais pour y parvenir, elle devra prendre en compte les puits de carbone, qui visent à piéger les émissions, et l'achat de certificats d'émission à l'étranger.

Au niveau international, la Suisse est un élève moyen en matière d'émission. Elle se place au 13e rang dans le classement international de la performance climatique publié lundi par l'ONG écologique Germanwatch. Elle se situe derrière le Brésil, la Suède et la Grande-Bretagne. Lanternes rouges sont le Canada et l'Arabie saoudite.

(ats)

Le chiffre de la sauvegarde

Le président des Maldives Mohamed Nasheed a harangué la foule lundi à Copenhague, en marge de la conférence de l'ONU sur le climat, en scandant avec elle «350!», la quantité limite de CO2 acceptable pour éviter que des îles comme les siennes ne soient englouties. «Le nombre le plus important du monde, le nombre le plus important que vous entendrez jamais, le nombre le plus important que vous prononcerez jamais, ce nombre est constitué de trois mots: trois-cinq-zéro, trois-cinq-zéro, trois-cinq-zéro...», a entonné le dirigeant de ce petit archipel du Pacifique, repris en choeur par des centaines de personnes venues assister à sa courte allocution dans un centre culturel du centre de Copenhague. /afp

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