Quatre disparitions en trois mois: Le spectre du tueur en série

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Quatre disparitions en trois moisLe spectre du tueur en série

Delphine, Aurélie, Magali et Anne-Frédéric: y a-t-il un lien entre ces quatre femmes récemment disparues en France? Les enquêteurs sont à la recherche de possibles connexions.

C’est «probablement du jamais vu», écrit «Marianne». En l’espace de trois mois, quatre femmes se sont évanouies dans la nature, aux quatre coins de la France. Les enquêteurs considèrent ces quatre disparitions comme inquiétantes. En principe, lorsque les hypothèses d’un départ volontaire ou d’un suicide sont a priori écartées, les enquêteurs commencent par explorer la piste d’un différend avec le conjoint ou d’une mauvaise rencontre.

Mais, face à la simultanéité des disparitions de Delphine, Magali, Aurélie et Anne-Frédéric, les autorités sont contraintes d’envisager une autre piste: celle d’un éventuel tueur en série. «Il est vrai que nous sommes face à un phénomène sériel (…) Nos experts du pôle judiciaire de la gendarmerie tentent en effet de voir s’il y a le moindre lien entre ces quatre dossiers, ou certains d’entre eux», explique un porte-parole de la gendarmerie.

Delphine Jubillar: onze semaines après, toujours rien

La première de ces disparitions est survenue à la mi-décembre à Cagnac-les-Mines (sud), en pleine nuit. Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans, était en instance de divorce avec son mari Cédric et avait rencontré plusieurs hommes avant de s’évaporer. Dès les premières heures de la disparition de la jeune femme, son mari a été dans le viseur des enquêteurs. Des membres de la famille ont en effet évoqué de multiples disputes au sein du couple, même le soir de la disparition. Mais après onze semaines de recherches et d’analyses, aucun élément scientifique ne permet d’incriminer Cédric Jubillar. Aucune trace de lutte ou de sang n’a été détectée dans la maison et ses alentours.

L’amant de l’infirmière – un homme marié en instance de séparation – a été mis hors de cause. Selon des amies de Delphine, celle-ci utilisait la messagerie de rencontres Badoo, qui aurait pu l’amener à fixer un rendez-vous à un utilisateur. Une mauvaise rencontre? Les chiens de la gendarmerie, en tout cas, ont perdu la trace de la jeune femme à un croisement situé à une centaine de mètres de chez elle. Quant aux mystérieuses connexions depuis le compte Facebook de la disparue, il s’est avéré qu’elles provenaient des enquêteurs eux-mêmes, auteurs de fausses manœuvres en fouillant les réseaux sociaux de Delphine.

Aurélie Vaquier, un mystère entier

À 124 km du domicile de l’infirmière, Aurélie Vaquier a disparu le 28 janvier. Cette femme de 38 ans est partie de Bédarieux (sud) avec une valise mais sans aucun moyen de locomotion ni téléphone, selon son compagnon. Ce n’est que le 22 février que le conjoint et le frère de la trentenaire finissent par alerter les autorités. Les deux hommes ont expliqué ne pas s’être inquiétés plus tôt, ayant reçu un message rassurant via Facebook. «Aucune piste n’est écartée», indiquent les gendarmes de l’Hérault. Le mystère entourant la disparition d’Aurélie est, pour l’heure, entier: l’appel à témoins n’a rien donné et personne ne sait comment la trentenaire a quitté la commune ni quelle direction elle a suivie.

Magali Blandin, une situation familiale difficile

C’est le 11 février à Montfort-sur-Meu (Bretagne) que Magali Blandin, 42 ans, a donné pour la dernière fois signe de vie. Mère de quatre enfants, séparée de leur père, cette éducatrice spécialisée vivait une situation familiale compliquée. Le matin de sa disparition, elle devait voir une psychologue et avait rédigé un brouillon d’e-mail adressé à son mari au sujet de la garde de leurs enfants. La veille, elle avait eu «un contact téléphonique difficile avec ses enfants», a expliqué le procureur de Rennes. La trace de Magali, férue de randonnée, se perd près d’un ruisseau. Malgré d’importantes recherches menées dans la région, la quadragénaire reste introuvable.

Anne-Frédéric Obszynski, un footing et puis plus rien

Enseignante à Franconville (Val-d'Oise), Anne-Frédéric Obszynski est partie courir le 21 février. Elle a parqué son véhicule vers 16h près d’un pont et a commencé son footing dans un coin très fréquenté ce dimanche-là. Depuis, plus rien. L’hypothèse de la noyade est envisagée: des témoins affirment avoir vu quelque chose ressemblant à un corps flottant dans l’Oise. L’enseignante de 41 ans, célibataire sans enfant, aurait-elle fait une vilaine chute? Là encore, les recherches n’ont rien donné, et la piste d’une mauvaise rencontre n’est pas exclue.

«Dans ces quatre affaires, tout reste envisageable, absolument tout. Suicide, accident, meurtre familial ou mauvaise rencontre…», conclut un enquêteur de la gendarmerie.

(joc)

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