Négociations: Le sport a de beaux jours devant lui sur la RTS
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NégociationsLe sport a de beaux jours devant lui sur la RTS

En France, impossible de voir le Mondial gratuitement en intégralité. Les Suisses ont plus de chance.

par
Mathilde Jarry
Les Romands ne loupent rien des exploits de Xherdan Shaqiri et de Josip Drmic (à dr.) sur la RTS.

Les Romands ne loupent rien des exploits de Xherdan Shaqiri et de Josip Drmic (à dr.) sur la RTS.

Pas moins de 158 millions de francs. Voilà la somme dépensée par TF1 pour diffuser le Mondial 2014. Elle est ainsi la seule chaîne gratuite à retransmettre l'événement en France. Et encore: elle ne diffusera que 28 matches. Pour alléger la note, TF1 a revendu une partie de ses droits à beIN Sports. La chaîne qatarie payante peut passer l'ensemble des rencontres, dont 36 en exclusivité. Des négociations qui n'ont pas été du goût du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), lequel souhaite davantage de sport sur la télé gratuite. «Il y a la nécessité pour le CSA d'intervenir directement ou indirectement dans les négociations de droits sportifs» a indiqué son président Olivier Schrameck à la radio France Bleu Gironde.

En Suisse, la situation est différente. Tennis, foot, hockey: il y en a pour tous. Les droits de diffusion de chaque discipline sont négociés directement avec les associations respectives, souvent pour plusieurs années. Toutefois, les droits de diffusion de la majorité des grandes compétitions internationales de sport sont directement négociés par «l'Union européenne de radiotélévision, dont la SSR est membre», livre Gilles Marchand, directeur de la RTS. La SSR, le service public suisse, détient les droits exclusifs du Mondial jusqu'en 2022. Le prix de cette transaction restera secret.

La RTS ne craint donc pas, pour le moment, l'arrivée en Suisse d'une chaîne comme beIN Sports. «Le monde des médias numérique évolue beaucoup trop vite pour se projeter après 2022», continue Gilles Marchand. Pour lui, le sport rassemble les gens et «dépasse les frontières linguistiques ou culturelles du pays». En le diffusant, le service public remplit son contrat. Si la SSR ne pouvait plus retransmettre ces compétitions, «ce serait une perte réelle pour le sentiment d'appartenance à un même espace national et culturel».

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