Le squat de Grange-Canal à Genève évacué manu militari
Actualisé

Le squat de Grange-Canal à Genève évacué manu militari

Presque un an jour pour jour après les évacuations de la Tour et de Rhino, un des derniers bâtiments occupés a été vidé, mardi, par la force.

«Ils sont méchants, les policiers», murmure Zoltan, 4 ans. Le petit bonhomme fait face à la vingtaine de gendarmes postés devant la bâtisse des Tulipiers de Grange-Canal, occupée depuis dix ans. Plus tôt, vers 6 h du matin, une trentaine de pandores avaient tiré du lit les trois habitants du lieu.

«Nous avons reçu l'ordre du procureur, Daniel Zappelli, d'interpeller les personnes qui s'y trouvaient pour violation de domicile, affirme le porte-parole de la police, Eric Grandjean. Nous les avons emmenés pour un contrôle d'identité.»

Dans la matinée, des sympathisants de la cause squat sont retournés réoccuper les lieux. Une agape improvisée s'est alors tenue devant la maison, en guise de soutien. Avant qu'un important dispositif policier (cinquante gendarmes dont certains en tenue anti-émeute) ne revienne à la charge. «On connaît le refrain, lance un contestataire. C'est une évacuation déguisée en contrôle d'identité.»

Vers 16 h, la police a donné l'assaut. Les quelques squatters restés à l'intérieur ont été enfermés et neutralisés dans la cuisine de la maison. Des cris de douleur et des plaintes se sont échappés. En moins d'un quart d'heure les douze occupants ont été emmenés menottés. «Je ne comprends pas pourquoi on leur fait ça, s'offusque un voisin des squatters. Ils ont toujours été sympas.» Une agence de sécurité va désormais monter la garde nuit et jour, à la demande du propriétaire.

Shahïn Ammane

Ton opinion