Football - SL: Le stade de Lausanne n'est plus un mirage
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Football - SLLe stade de Lausanne n'est plus un mirage

La nouvelle enceinte du FC Lausanne-Sport entre dans sa phase concrète. Si tout se passe bien, les Vaudois auront enfin leur stade moderne à l'été 2019.

par
Robin Carrel
La nouvelle enceinte pourra accueillir 12'000 personnes.

La nouvelle enceinte pourra accueillir 12'000 personnes.

Jost Hauer

Les supporters du Lausanne-Sport rebutés par la froidure et l'austérité de la Pontaise n'auront bientôt plus d'excuses pour ne pas se déplacer au stade. Si tout se passe comme la Municipalité de la capitale olympique l'entend, et si les diverses échéances sont respectées – mise à l'enquête publique d'ici au 16 janvier, vote du crédit d'ouvrage au printemps 2017, obtention du permis de construire dans la foulée –, les premiers coups de pioches seront donnés l'été prochain. Le stade la Tuilière devrait voir le jour deux ans plus tard.

L'échéancier est jusqu'ici respecté, et c'est un vrai soulagement pour les amoureux du football dans le canton de Vaud. L'enceinte appelée à remplacer la vénérable Pontaise, construite il y a la bagatelle de 62 ans, passe enfin dans sa phase concrète. Pour le plus grand bonheur du Lausanne-Sport également. Car si le futur stade n'avait pas pu être érigé dans ces délais, le club vaudois n'aurait tout simplement plus pu obtenir la licence de jeu nécessaire à sa présence dans l'élite helvétique

Infrastructures enfin à niveau

Ce nouveau pas en avant dans la construction de cette enceinte permet aussi à la capitale olympique de voir le futur avec des infrastructures enfin au niveau de son statut. Lausanne disposera à l'horizon 2019 d'une nouvelle piscine olympique, d'un stade enfin aux normes et d'une patinoire à même de satisfaire les ambitions grandissantes de son club de hockey, le LHC. Quelques années plus tard, c'est Athletissima qui bénéficiera du nouvel écrin nécessaire à sa survie.

«Le titre de capitale olympique génère des avantages comme la présence du CIO, des fédérations internationales et des retombées en terme de notoriété et au niveau économique. Mais ces avantages nécessitent aussi des engagements, comme la mise à disposition d'infrastructures sportives dignes de ce nom. Avec les projets actuels, nous aurons enfin des équipements au niveau», s'est félicité Oscar Tosato, directeur des sports et de la cohésion sociale du chef-lieu du canton de Vaud.

Gros investissement du LS

Ce stade, qui pourra accueillir 12'000 personnes, sera géré par le club lui-même, dans le cadre d'un partenariat public-privé avec le FC Lausanne-Sport. Le mandat de gestion sera ainsi confié au club présidé par Alain Joseph. Le LS investira près de 7 millions de francs dans l'aventure. Un sacré défi pour une équipe qui peine à attirer les foules actuellement et dont le développement est largement bridé par des conditions d'accueil d'un autre temps.

L'investissement de la ville est également grand, puisqu'il en coûtera 76,6 millions, selon le crédit d'ouvrage qui sera soumis au vote du Conseil communal dans quelques mois. La capitale vaudoise est la dernière grande cité de Suisse à ne pas bénéficier d'un stade moderne. Elle devrait enfin pouvoir effacer cet affront d'ici une trentaine de mois.

Alain Joseph

Président du Lausanne-Sport

D'un côté, il y a les résultats décevants du LS ces dernières semaines et de l'autre, il y a ce stade qui entre dans sa phase concrète. Cette enceinte est bien plus importante pour le futur du club, non?

C'est un grand pas pour le Lausanne-Sport, c'est vrai. Et sans faire de démagogie, pour le foot lausannois et vaudois aussi. On est la capitale olympique, une grande ville... Il faut aujourd'hui un stade qui ne date pas de 1954. Oui, c'est un grand pas parce que ça aurait été très compliqué de pérenniser ce club en Super League sans cette infrastructure-là. Il faut faire revenir les gens et c'est clair qu'aujourd'hui, la piste d'athlétisme est un réel handicap pour les spectateurs.

On parle de ce stade depuis très longtemps. Avez-vous fini par douter de sa réalisation?

Non, parce que ma nature est de croire ce qu'on me dit. On a toujours eu de très bons contacts avec la Municipalité de Lausanne. Bien évidemment, quand il y a eu la votation populaire et que le stade devait se faire au bas de la ville, personne ne le savait, pas même eux... Depuis maintenant un, deux, trois ans, toutes les échéances ont été tenues. Le Conseil communal s'est déjà prononcé sur quelques préavis. La décision finale de l'octroi du crédit, c'est lui aussi. Donc tout ce qu'on nous a dit jusqu'à maintenant concorde. J'espère juste que le représentants des Lausannois entendront que cet objet-là est très important pour le football, pour le sport lausannois. J'ai confiance.

On a l'impression qu'avec les investissements qui seront faits par le LS, ce club deviendra une vraie institution, du coup. Avec toute la gestion autour du stade qui lui incombera...

C'est un autre pas important, en effet. On a beaucoup réfléchi sur le sujet, en pesant le pour et le contre, en essayant de réfléchir comment le club dans cinq, dix ou quinze ans vivrait le mieux possible. Ce choix, qui est très important pour le LS, parce qu'il y a de gros investissements à faire, est un défi de plus. Aujourd'hui, la gestion d'un club de foot, ce n'est plus seulement une équipe, c'est tout un cursus de formation, toute une gestion marketing, d'un projet, d'un stade. Je pense que le LS est privilégié de pouvoir avoir ce partenariat privé-public. Le Lausanne-Sport a relevé des défis, comme la Municipalité qui réalise ce projet malgré des finances compliquées. On veut être à la hauteur. C'est un gros, gros travail pour les dirigeants en place et pour ceux qui le seront demain.

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