Grippe A/(H1N1): Le stade de pandémie est atteint
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Grippe A/(H1N1)Le stade de pandémie est atteint

La propagation du virus A/H1N1 dans le monde ne peut pas être arrêtée. La directrice générale de l'OMS Margaret Chan a déclaré jeudi le niveau d'alerte maximale, le niveau 6, correspondant à une pandémie, la première du siècle.

En Suisse, l'OFSP a estimé que la situation n'exigeait aucune mesure supplémentaire.

«Il y a consensus entre les experts. Il y a des preuves indiscutables que nous sommes au début d'une pandémie», a déclaré la responsable pour justifier sa décision. Elle avait consulté plus tôt son comité d'urgence, composé des meilleurs spécialistes mondiaux, après s'être entretenu la veille avec les ministres de la Santé des huit pays les plus touchés.

«Sur recommandation des experts, j'ai décidé d'élever le niveau d'alerte à la phase 6», a affirmé la Chinoise. «Une propagation supplémentaire du virus est inévitable», a-t-elle souligné. La grippe porcine a infecté près de 30.000 personnes dans 74 pays et fait 144 morts depuis le début du mois d'avril.

Virus contagieux, mais modéré

«Le virus est entièrement nouveau, très contagieux et se répand rapidement», a expliqué le Dr Chan dans une déclaration de dix minutes lue au siège de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) devant de très nombreux journalistes. Elle a fait remarquer que la transmission du virus est plus importante que les cas officiellenmt signalés.

«Le niveau plus élevé d'alerte ne veut pas dire que le virus va devenir plus virulent ou que nous allons voir plus de gens tomber sérieusement malades ou mourir», a-t-elle ajouté. Le virus est pour l'instant modéré, mais sa sévérité peut varier d'un pays à l'autre. Le Dr Chan a invité chaque pays à procéder à sa propre évaluation.

Elle a appelé à faire la balance entre une réaction excessive de panique et l'indifférence. Les réactions sont très différentes de pays à pays, a-t-elle fait remarquer.

Pas de mesure supplémentaire en Suisse

Chaque gouvernement doit adapter sa réponse à l'évolution de la maladie dans son pays. Tout en relevant également à 6 le niveau d'alerte, la Suisse a ainsi estimé que la situation actuelle n'exigeait pas de mesure supplémentaire, tout en s'attendant à une augmentation des cas.

Tout en ne voyant pas de raison de céder à la panique, les autorités européennes ont elles promis des mesures pour réduire l'impact de la pandémie. La Commission européenne prône notamment une stratégie commune de vaccination.

La Maison Blanche a pour sa part indiqué que la décision de l'OMS ne devrait pas changer grand chose aux dispositions «énergiques» prises par les Etats-Unis.

Pas de restriction aux voyages

L'OMS ne recommande pas de restrictions supplémentaires aux voyages. «J'ai dit non à la fermeture des frontières, aux restrictions aux voyages, aux barrières commerciales», a affirmé le Dr Chan.

«Il ne doit pas y avoir de restrictions aux déplacements des gens, des biens et des services», a-t-elle insisté.

Vaccins pas avant septembre

Mme Chan a annoncé que les premiers vaccins contre le virus A/ H1N1 ne seront pas prêts avant le mois de septembre. Les quantités seront alors limitées et il faudra choisir quels groupes pourront bénéficier du vaccin.

L'OMS a demandé jeudi aux laboratoires pharmaceutiques de «s'atteler rapidement» à la production de vaccin contre le virus A/ H1N1, «dès qu'ils terminent la production de vaccin contre la grippe saisonnière». Certains laboratoires peuvent déjà le faire.

Elle a aussi averti les pays où l'épidémie a atteint un pic qu'ils «doivent se préparer à une deuxième vague d'infection». Le virus de la grippe porcine a jusqu'ici surtout touché les Etats-Unis (13.217 cas), le Mexique (6241), le Canada (2446 cas), l'Australie (1224), le Chili (1694 cas) ou encore le Royaume-Uni (822 cas). Vingt cas ont été confirmés en Suisse.

(ats)

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