Etats-Unis: Le statut de l'embryon soumis à référendum
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Etats-UnisLe statut de l'embryon soumis à référendum

Les électeurs du Mississippi se prononceront mardi sur un amendement faisant de l'embryon un être humain à part entière.

Le projet priverait les femmes de cet Etat du sud des Etats- Unis du droit à l'avortement et pourrait rendre illégales certaines méthodes contraceptives.

Selon de récents sondages, cet amendement à la constitution d'un des Etats les plus conservateurs du pays, bénéficie d'un large soutien au sein de la population. Il compte aussi avec l'appui de nombreux responsables locaux et notamment avec celui des candidats démocrate et républicain au poste de gouverneur, dont l'élection aura lieu mardi.

Des référendum similaires ont déjà été organisés dans le Colorado, mais ils ont abouti au rejet des amendements proposés.

Les promoteurs du texte préparent cependant des propositions identiques pour la Floride, l'Ohio et le Dakota du Sud. Leur principal objectif est d'interdire les avortements, un droit constitutionnel acquis par les femmes aux Etats-Unis en 1973, grâce à l'arrêt «Roe contre Wade» de la Cour suprême.

Mais pour Paul Lombardo, expert en bioéthique des universités de Georgie et de Virginie, «l'amendement 26» est «une mesure radicale» qui induit «d'énormes problèmes juridiques qui n'ont rien à voir avec la question de l'avortement».

Si l'on considère le foetus comme une personne dès sa conception, «on peut alors soutenir que ses droits sont équivalents à ceux des femmes». Dès lors, «on peut quasiment tout interdire aux femmes enceintes», assure-t-il à l'AFP. «Si une femme enceinte monte à cheval et fait quelques semaines plus tard une fausse couche, sera-t- elle accusée d'homicide?», s'interroge-t-il.

Selon lui, l'amendement risque en outre «de faire de l'emploi de moyens de contraception un crime, tout comme le recours à certains traitements contre l'infertilité, les fécondations in vitro et la recherche sur les cellules souches embryonnaires».

«Toutes les femmes enceintes seraient probablement menacées», estime la présidente de la National Association of Professional Women, Lynn Paltrow.

Mais, pour les défenseurs du texte, le fait de considérer l'embryon «comme une personne est la clé de tous les droits de l'homme», selon Keith Mason, présidente de l'organisation Personhood USA.

«Les esclaves africains ont été privés du droit à être des personnes et ont été traités comme des biens pouvant être achetés et vendus», fait notamment valoir l'organisation.

(ats)

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