Actualisé 28.04.2020 à 10:57

Coronavirus

Le streaming va-t-il remplacer le cinéma?

Personne dans l'industrie cinématographique ne sait combien de temps les cinémas pourront tenir le choc. Alors que le streaming ne cesse de gagner des adeptes.

Cinémas fermés, tournages reportés, festivals de films annulés: pourtant jamais autant de films n'ont été visionnés qu'en ce début de printemps. Un secteur en sort gagnant, celui du streaming.

Plusieurs milliers d'employés dans les cinémas ou sur les plateaux de tournage se sont retrouvés du jour au lendemain à l'arrêt. «On ignore jusqu'où notre travail sera impacté par cette crise», relève Barbara Miller, présidente de l'Association suisse des scénaristes et réalisateurs de films.

Mais celle-ci aura eu au moins un point positif: l'industrie cinématographique a rarement été aussi unie. Là où il est souvent difficile de concilier les intérêts de la Suisse alémanique et de la Suisse romande, des réalisateurs de documentaires et de longs métrages ou du grand public et des aficionados, tout le monde cette fois tire à la même corde. Parce que personne ne sait combien de temps les cinémas pourront tenir le choc.

L'Office fédéral de la culture «a débloqué 2,6 millions de francs en très peu de temps», a rappelé Ivo Kummer, chef de la section du cinéma. Plusieurs sociétés ont pu profiter des prêts sans intérêt de la Confédération et la majorité des employés de ce secteur sont au chômage partiel.

Les petits cinémas touchés

Reste que 2020 laissera des traces profondes dans l'industrie du septième art. Les petits cinémas et les producteurs de films suisses risquent d'être particulièrement touchés. Pour Ivo Kummer, il est clair que les salles de cinéma doivent pouvoir compter sur des blockbusters pour survivre à cette année.

L'unité se fissure cependant quand on évoque la réouverture. Edouard Stöckli, qui exploite des cinémas multiplexes en Suisse avec le groupe Arena, craint que les salles, en tout cas en Suisse romande et au Tessin, n'ouvrent pas avant septembre.

Frank Braun, qui programme du cinéma d'art et d'essai à Zurich et à Lucerne, espère une ouverture plus tardive, quand tous les sièges pourront être occupés. René Gerber de Procinema, en revanche, n'exclut pas une réouverture fin juin ou début juillet, en appliquant les principes de distanciation et d'hygiène.

L'incertitude qui règne est également exténuante pour les réalisateurs. Car les tournages doivent être planifiés très à l'avance: des dizaines d'entre eux ont dû être interrompus ou annulés.

Hésitation sur l'avenir

Malgré les portes closes des salles obscures, la consommation de films atteint actuellement des records avec plus de la moitié de la planète confinée. Le leader du streaming Netflix enregistre la plus forte croissance de son histoire, avec 16 millions d'abonnés en plus pour arriver à un total de 183 millions.

Disney+, qui vient d'être lancé, compte déjà 50 millions d'abonnés. Et les portails suisses comme cinefile.ch, filmingo.ch, ou lekino.ch connaissent également une croissance rapide.

Andreas Furler, fondateur et directeur général du portail Cinefile, est plutôt positif. «Nous avons cinq fois plus de visionnements fin avril que pour toute l'année 2019, dit-il, et nous sommes convaincus que le streaming restera important à l'avenir.»

Le film «Mare», d'Andrea Staka, qui, à peine sorti en salle a été victime du lockdown, est très demandé, poursuivit le responsable de Cinefile. D'autres films suisses qui auraient aussi dû sortir sont maintenant vus en streaming. «Mais ce boom signifie beaucoup moins de revenus», souligne Barbara Miller. Le prix en ligne varie de quelques francs au prix d'un billet de cinéma normal, même si le film peut être visionné par un nombre illimité de personnes.

Incontournable streaming

«Le virage numérique façonne l'avenir», déclare Ivo Kummer avec conviction. «Le streaming est devenu une partie de notre réalité, mais ne peut jamais remplacer le cinéma», pondère Edna Epelbaum. Les cinéphiles retourneront-ils au cinéma après la crise du coronavirus ou resteront-ils ensorcelés par le streaming? Les opinions divergent.

«Je me demande si les gens achèteront de nouveau un billet de cinéma», s'inquiète Edouard Stöckli. «Le public oscille déjà depuis longtemps entre le cinéma et le streaming, rétorque Andreas Furler, il a maintenant compris que le streaming, ce n'est pas seulement Netflix.» Mais, pour les blockbusters comme pour les sorties plus confidentielles, l'espoir subsiste que le cinéma reste indispensable comme un lieu de rencontre et d'échange. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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7 commentaires
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David P

29.04.2020 à 06:48

A moins d’une sévère introspection des cinémas...suisses en particulier, y a bien des chances. Une entrée à 30 balles contre l’abonnement moitié moins cher chez Netflix, pour moi le choix est vite fait. En plus on évite les bruyants bouffeurs de pop-corn. Pour dire ça fait plus de 10 ans que je n’ai plus mis les pieds dans un cinéma et je suis quand même à la page des films de notre époque.

Sev

29.04.2020 à 05:50

Il faut créer le cinéma en plein air dans sa voiture comme aux USA 🇺🇸, c’est a aussi son charme, il suffit d’un champ, un grand écran et des bornes depuis lesquelles on peut attraper des haut-parleurs. Ensuite on met la radio sur un canal précis et le tour est joué. Idéal pour cet été!

Test

28.04.2020 à 12:58

Test