Hébergement: Le succès d'Airbnb énerve les villes
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HébergementLe succès d'Airbnb énerve les villes

Après New York, Berlin et Paris partent en guerre contre le site de location entre particuliers.

par
Marine Guillain
Les appartements et maisons proposées en ligne misent souvent sur le design, à l'image de ce studio à Sydney.

Les appartements et maisons proposées en ligne misent souvent sur le design, à l'image de ce studio à Sydney.

La plateforme communautaire de réservation de logements a soufflé ses cinq bougies en août. Toujours plus de voyageurs se laissent séduire par cette option, moins coûteuse et plus conviviale que l'hôtel. Mais tous ne partagent pas cet enthousiasme.

Face à la pénurie de logements et aux loyers qui flambent, Paris et Berlin souhaitent prendre des mesures. Un projet de loi propose tout simplement interdire cette pratique à l'intérieur de la capitale allemande, dans laquelle quelque 12'000 appartements seraient loués via des sites internet comme Airbnb.

Lutte contre les investisseurs

A Paris, l'objectif est aussi de lutter contre les investisseurs en immobilier qui utilisent ce genre de sites à but lucratif. Le projet Duflot prévoit que les plateformes de location saisonnière soient tenues d'informer leurs clients des obligations légales.

Si le texte est adopté, cela engendrera des problèmes pratiques, sachant qu'une société comme Airbnb couvre 192 pays et que la réglementation diffère d'un endroit à l'autre, voir même d'une ville à l'autre. Les mesures plus strictes risquent aussi de refroidir certains utilisateurs.

Concurrence déloyale

Avant les capitales européennes, New York s'était déjà lancée dans la bataille. Dans la Grosse Pomme, une grande partie des annonces publiées sur Airbnb est illégale. Une loi votée en 2010 interdit la sous-location d'un appartement pour moins de 30 jours, à moins que l'hôte ne soit présent.

Le 4 octobre, le procureur général a donc sommé la firme de lui fournir le listing des 15'000 personnes ayant sous-loué leur domicile depuis 2010. Réponse de la plateforme: le lancement d'une pétition pour changer ce règlement. Quelque 200'000 signatures auraient déjà été recueillies. Du côté des professionnels de la branche, on voit en Airbnb une concurrence déloyale. En novembre, HotellerieSuisse avait déploré le fait que les privés ne soient pas soumis aux mêmes règles que les hôtels classiques, et avait accusé la plateforme communautaire de ne pas toujours répondre aux normes d'hygiène et de sécurité.

Airbnb propose plus de 300'000 logements dans 34'000 villes et 192 pays. Chaque jour, 140'000 personnes sont logées chez des particuliers. L'an passé, 3 millions de nuits ont été réservées. Entre 2011 et 2012, le nombre d'hôtes ayant séjourné en Suisse grâce à Airbnb a crû de 314%. On compte plus de 1000 possibilités à Genève, quelque 635 à Lausanne, environ 950 à Zurich et 300 à Berne. La société a déjà levé plus de 120 millions de dollars. Elle ne communique aucune donnée financière, mais la croissance rapide de ses effectifs – environ 600 salariés – témoigne de son essor...

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