Le suicidé est le seul coupable dans l'affaire d'anthrax
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Le suicidé est le seul coupable dans l'affaire d'anthrax

Sept ans après l'envoi de lettres empoisonnées à l'anthrax qui ont fait 5 morts en 2001 aux Etats- Unis, la justice a affirmé mercredi avoir résolu l'affaire.

Elle désigne comme seul responsable le biologiste qui s'est suicidé la semaine dernière.

Les lettres à l'anthrax avaient terrorisé l'Amérique dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001. Elles avaient été envoyées notamment à deux sénateurs mais aussi à des médias.

En plus des cinq décès, 17 personnes avaient été contaminées par la poudre blanche contenant le bacille du charbon. Cette bactérie engendre une maladie rapidement mortelle, se manifestant par de sévères infections cutanées et une détresse respiratoire.

Seul

Bruce Ivins était un scientifique de 62 ans travaillant dans le laboratoire militaire de Fort Detrick d'où s'est avéré provenir l'anthrax. Il s'est suicidé le 29 juillet. "Il a agi seul", a précisé Joseph Persichini, responsable d'enquête au FBI.

Les autorités judiciaires américaines ont rendu publics mercredi les documents sur l'enquête, baptisée du nom de code d'Amerithrax. L'enquête a cependant été critiquée. Elle est accusée de reposer essentiellement sur des preuves indirectes.

Selon ces documents, peu avant les attaques à l'anthrax, Bruce Ivins avait envoyé un courriel mettant en garde contre la possession de tels germes et de gaz sarin par les "terroristes de Ben Laden". D'après les enquêteurs, le contenu de ce courriel peut être rapproché des messages retrouvés dans les lettres contaminées.

Floues

En outre, selon les enquêteurs, Ivins n'avait pas pu fournir d'explication plausible au fait qu'il soit resté travailler très tard à l'époque des envois des lettres contaminées. Et dans les mois précédant ces envois, le scientifique s'était ouvert à des collègues de ses craintes quant à sa propre santé mentale et son éventuelle incapacité à se contrôler.

Malgré ces conclusions, le portrait et les motivations de Bruce Ivins demeurent flous. Les documents, dont de nombreux courriels, dressent le portrait d'un homme en proie à des crises de paranoïa.

Echec

Le procureur a souligné que Bruce Ivins avait "des problèmes mentaux récurrents dans le passé et traversait une période difficile à l'été et à l'automne 2001 parce que le vaccin contre l'anthrax sur lequel il travaillait était en train d'échouer".

D'un autre côté, des amis et des collègues incrédules affirmaient que le Bruce Ivins qu'ils avaient connu ne ressemblait pas à un meurtrier. "Bruce avait une personnalité chaleureuse et avait le plus grand souci de sa famille et ses amis", a affirmé dans le FrederickNewsPost un de ses amis, qui l'a rencontré lorsque les deux couples ont adopté un enfant à la même époque.

L'un des avocats d'Ivins, Paul Kemp, a déclaré que son client était innocent et qu'un procès l'aurait démontré. (ap)

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