Actualisé 13.07.2012 à 16:15

Biennois accusé au kenyaLe Suisse accusé de terrorisme fait recours

Les avocats du Jordanien vivant à Bienne et arrêté au Kenya pour des soupçons de terrorisme ont fait recours jeudi contre son interdiction temporaire d'entrée.

Le jeune homme avait été inculpé début juin au Kenya pour ses liens présumés avec les insurgés islamistes somaliens shebab. Les autorités suisses avaient indiqué le 30 juin qu'elles refusaient le retour du jeune homme sur le territoire jusqu'à nouvel ordre. L'Office fédéral de la police (fedpol) avait prononcé une interdiction temporaire d'entrée, sur mandat du service de renseignement de la Confédération.

Loïc Parein, qui assure avec Stefan Disch la défense du jeune homme, a indiqué jeudi à l'ats avoir déposé un recours contre cette interdiction.

«Du point de vue procédural, mon client n'a eu le droit ni de consulter le dossier avant la décision du tribunal, ni de s'exprimer avant que la décision tombe. Sur le fond, nous n'avons pas accès au dossier et sommes donc incapables de vérifier si les accusations portées contre lui sont fondées ou ne se basent que sur des soupçons», affirme Me Parein.

Si la violation de ces droits est reconnue, la décision sera annulée, soutient l'homme de loi.

Pas le bienvenu

Fin juin, le Département fédéral de justice et police (DFJP) avait fait état dans un communiqué «d'indices clairs» montrant que le jeune homme avait séjourné dans des régions de la Somalie dans lesquelles se trouvent des groupes djihadistes.

Les services de Simonetta Sommaruga avaient ajouté que le Jordanien est également soupçonné d'avoir entretenu des contacts avec des éléments islamistes en Suisse.

Parallèlement, l'Office fédéral des migrations (ODM) avait indiqué à l'ats avoir engagé une procédure de révocation de l'asile, en vue d'établir si le jeune homme a abusé ou non du droit d'hospitalité de la Suisse.

Autre recours possible

Actuellement au Kenya, ce Jordanien de 19 ans a été placé, en vertu de son statut de réfugié, sous la protection du bureau local du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Si une décision de révocation de l'asile devait être prise, il pourrait recourir au Tribunal administratif fédéral (TAF). Il n'était pas encore possible vendredi de dire si les conditions de révocation de l'asile sont réunies.

Et même en cas de révocation de l'asile, le Jordanien ne pourrait pas être renvoyé dans son pays d'origine en raison de sa qualité de réfugié reconnu par le HCR. L'ODM ne prévoit pas pour l'instant d'engager une procédure pour lui retirer ce statut.

Le jeune homme, qui se trouvait au Kenya depuis le mois de février, est soupçonné d'avoir intégré un camp de formation des jeunesses djihadistes.

Un tribunal de la capitale kényane l'avait inculpé le 6 juin pour son «implication dans des activités criminelles organisées», en tant que membre des shebab, un groupe islamiste qui se réclame d'Al-Qaïda. (ats)

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