Hockey sur glace: Le Suisse qui fait gagner les Chinois
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Hockey sur glaceLe Suisse qui fait gagner les Chinois

Un ancien défenseur de LNA et ex-entraîneur adjoint en équipe de Suisse a remporté des Mondiaux à la tête de la Chine M20. Il raconte l'expérience.

par
Emmanuel Favre
L'ex-coach adjoint de la Nati fait désormais gagner la relève chinoise.

L'ex-coach adjoint de la Nati fait désormais gagner la relève chinoise.

Keystone/urs Flueeler

L'équipe nationale de Chine M20 a remporté les Championnats du monde de troisième division, qui se sont disputés en Islande, et a accédé à l'étage supérieur. Derrière le banc de cette sélection, dont quelques joueurs seront probablement appelés à disputer les Jeux olympiques de Pékin en 2022, il y avait un entraîneur en chef suisse. Son nom: Köbi Kölliker (65 ans), ex-défenseur vedette du HC Bienne dans les années 1970 et 1980 et ancien adjoint de Ralph Krueger avec l'équipe de Suisse.

Joint à Reykjavik, le Seelandais était encore ému par l'expérience. «C'était une formidable aventure. Presque personne ne se connaissait, on s'est retrouvé trois jours avant le début du tournoi en Islande, sept joueurs n'avaient pas encore joué de match cette saison et on a gagné!» Une question de niveau? «Non, cela n'était pas si faible que vous l'imaginez. Plusieurs de ces joueurs ont le niveau pour évoluer avec les Juniors Elites en Suisse.» Recruté par la Fédération chinoise pour structurer son hockey et pour développer des joueurs, Kölliker entraîne depuis le début de la saison quinze Chinois établis à Macolin. «On se mesure à des clubs qui veulent bien nous affronter. Mais, comme nous sommes peu, on a besoin que deux ou trois éléments de l'équipe adverse jouent avec nous.»

Aux Mondiaux, pour le sélectionneur helvétique, la communication s'est avérée être l'élément le plus difficile. «Nous avions une traductrice, mais j'ai quand même fait beaucoup de dessins. En plein match, par contre, il m'était impossible d'évoquer des notions tactiques. Je devais attendre les pauses pour cela.»

Kölliker a néanmoins une certitude: «Dans un marché de 1,4 milliard de personnes, il y a un potentiel énorme à développer. Jusqu'ici, tout était géré par le Kunlun Red Star qui évolue en KHL. Maintenant, la Fédération a décidé de se charger de ce développement et m'a demandé de l'aider.» L'objectif: les JO de 2022. «L'idée n'est pas de naturaliser des Canadiens ou des Américains, mais de participer à ces Jeux avec des Chinois.» Avec Kölliker comme sélectionneur? «Je ne le pense pas, non. Mais, même si je n'ai aucune garantie, j'aimerais bien faire partie de ce projet jusqu'au bout dans un rôle qui reste à définir.»

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