Londres: Le suspect de l'attaque au couteau inculpé
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LondresLe suspect de l'attaque au couteau inculpé

Inculpé dimanche pour tentative de meurtre, l'auteur présumé de l'attaque dans le métro londonien, comparaîtra lundi.

L'entrée de la station de métro de Leytonstone, à Londres, où a eu lieu l'attaque au couteau.

L'entrée de la station de métro de Leytonstone, à Londres, où a eu lieu l'attaque au couteau.

La police antiterroriste britannique a inculpé dimanche un homme de 29 ans pour tentative de meurtre, au lendemain d'une attaque au couteau ayant fait deux blessés dans une station de métro de l'est de Londres. Le suspect, Muhaydin Mire, doit comparaître devant un tribunal lundi, précise la police métropolitaine britannique dans un communiqué.

Des enquêteurs du commandement antiterroriste (CTC) ont perquisitionné un logement dans l'est de Londres.

Deux personnes ont été blessées au cours de l'agression, qui est «traitée» comme un «acte de terrorisme», selon les termes de Richard Walton, responsable du CTC, qui supervise l'enquête.

Lien avec la Syrie : non confirmé

Cette attaque est survenue trois jours après l'autorisation donnée par le parlement britannique à l'armée de mener des frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

Elle a également eu lieu moins d'un mois après les attentats de Paris, revendiqués par l'EI (130 morts), et trois jours après une tuerie aux Etats-Unis (14 morts), qualifiée d'«acte terroriste» par le président américain Barack Obama.

Des médias britanniques ont rapporté que des témoins ont entendu l'agresseur justifier son acte en disant: «C'est pour la Syrie.»

Contactée par l'AFP, la police n'a pas confirmé cette information.

«Loup solitaire»

Si la piste terroriste se confirme, il s'agirait vraisemblablement d'une attaque perpétrée par ce que la police et les experts qualifient de «loup solitaire». La police a d'ailleurs exprimé à plusieurs reprises son «inquiétude grandissante» vis-à-vis de ce type d'attaques.

En début de semaine, Peter Neumann, le directeur du Centre international pour l'étude de la radicalisation (ICSR) au King's College déclarait à l'AFP qu'il fallait s'attendre à «davantage d'attaques complexes comme celles de Paris mais aussi à davantage d'attaques menées par des loups solitaires», nécessitant très peu de préparation.

La police des transports a indiqué qu'elle allait déployer davantage d'agents en uniforme et en civil.

Des précédents

Le Royaume-Uni avait déjà été choqué par l'assassinat en mai 2013, en pleine rue, dans le sud de Londres, du soldat Lee Rigby. Il avait été lardé de coups de couteau par ses agresseurs qui s'étaient présentés comme des «soldats d'Allah en guerre contre la Grande-Bretagne» et avaient tenté de le décapiter.

En mars dernier, un adolescent britannique de 19 ans a également été condamné à 22 ans de prison pour avoir projeté de décapiter un autre soldat. Il avait été arrêté en août 2014 à Londres avec un marteau, un couteau de 30,5 cm et un drapeau islamique.

Samedi soir à Londres, les événements se sont déroulés vers 19H00 GMT au niveau des portiques d'accès à la station de métro de Leytonstone, sur la ligne centrale qui traverse la capitale britannique d'est en ouest.

Dans l'attaque, un homme de 56 ans a été grièvement blessé sans que ses jours ne soient en danger. Il était dans un «état stable» dimanche dans un hôpital de l'est de la capitale, a précisé la police.

Un autre homme a été légèrement blessé sans que son état ne nécessite de soins, tandis qu'une femme a été menacée, mais pas blessée par l'agresseur, selon la même source.

Appel aux témoins

Le gérant de la petite épicerie de la station de métro a raconté que l'agresseur a commencé par frapper le quinquagénaire avant de le poignarder lorsqu'il était au sol, inconscient.

L'agresseur est arrivé en métro à la station et il était «agressif» dans la rame, a également rapporté à l'AFP Christina, une femme au foyer ne souhaitant pas communiquer son nom, présente dans la rame avec lui.

La police a demandé à toute personne ayant vu ou filmé les faits de se faire connaître.

Plusieurs vidéos amateurs diffusées sur les réseaux sociaux et reprises par les médias montrent un homme de grande taille, vêtu à l'occidentale avec une chapka noire sur la tête et armé d'un couteau, que des policiers tentent de maîtriser dans le hall d'accès de la station.

Les policiers utilisent leur pistolet à impulsion électrique pour neutraliser l'homme. Touché, le suspect tombe et lâche l'arme. Il est ensuite maîtrisé au sol.

Un témoin crie alors au suspect: «T'es pas un musulman, mon frère! T'es pas un musulman, mon frère! T'es pas musulman!» Une phrase devenue le hashtag «#YouAintNoMuslimBruv» le plus utilisé dimanche au Royaume-Uni sur Twitter.

Dimanche, le métro fonctionnait normalement, et la station, où une présence policière était visible, était ouverte.

Depuis août 2014, le niveau de menace terroriste est à 4 sur une échelle de 5 en Grande-Bretagne, signifiant qu'un attentat est considéré «hautement probable».

32 morts à Raqa

Cette agression intervient trois jours après l'autorisation donnée par le parlement britannique à l'armée de mener des frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

La coalition bombarde le groupe djihadiste depuis septembre 2014 mais ses frappes se sont récemment intensifiées après les attentats de Paris. La France a riposté par de lourdes frappes depuis le porte-avions Charles de Gaulle. La Grande-Bretagne a rejoint la coalition jeudi, tandis que l'Allemagne a approuvé vendredi un plan pour la rejoindre en effectuant des missions de reconnaissance.

Sur le terrain, au moins 32 combattants de l'EI ont été tués dimanche à Raqa, fief des djihadistes dans le nord de la Syrie.

Frappes «illégales», selon Assad

Cette intervention des pays occidentaux a été de nouveau critiquée par le président Bachar el-Assad qui, dans un entretien au Sunday Times, a qualifié de «préjudiciables» et «illégales» leurs frappes aériennes.

Le président Assad s'est en notamment pris à la Grande-Bretagne. Il a également ironisé sur les «70'000 combattants syriens modérés» évoqués par le premier ministre britannique David Cameron sur lesquels la coalition pourrait s'appuyer au sol. «Il n'y en a pas 70'000. Il n'y en a pas 7000», a-t-il affirmé.

Damas a également dénoncé dimanche le déploiement de centaines de soldats turcs en Syrie. Son ministère des affaires étrangères a accusé Ankara de «jouer un rôle destructeur» dans la région.

L'Irak, qui avait dénoncé samedi une violation de sa souveraineté après l'entrée dans la province de Ninive d'«environ un bataillon» turc, a donné dimanche en soirée 48 heures à la Turquie pour retirer les troupes en question. Bagdad a prévenu Ankara que la Turquie devrait sinon faire face à «toutes les options disponibles» y compris un recours au Conseil de sécurité de l'ONU.

Selon la Turquie, ces soldats ont été envoyés dans la région de Bachika, au nord-est de Mossoul. Ils doivent entraîner des forces irakiennes qui se prépareraient à lancer une offensive contre cette grande ville du nord de l'Irak contrôlée depuis juillet 2014 par l'EI. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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