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Quatre ans d'UniaLe syndicat comme contrepoids aux marchés financiers en crise

Le syndicat Unia exige un interventionnisme économique pour mettre la Suisse à l'abri des effets de la crise financière.

Il a exigé mardi un interventionnisme économique pour mettre la Suisse à l'abri des effets de la crise financière.

La politique néolibérale de déréglementation dans les années 80 et 90 a conduit à la crise actuelle, a dénoncé Andreas Rieger, co- président d'Unia, devant la presse à Berne. «Au lieu de racheter des créances pourries avec les milliards des contribuables, il faut investir ces moyens dans l'économie réelle».

M. Rieger appelle les pouvoirs publics à renoncer aux programmes d'économies qui donnent un coup de frein à la conjoncture au pire moment. La Banque nationale suisse doit baisser ses taux directeurs et arrêter de se focaliser sur l'inflation. Et les banques cantonales et Raiffeisen, qui profitent de la crise bancaire, doivent diminuer leurs taux hypothécaires afin de faire baisser les loyers, a-t-il énuméré.

Le co-président d'Unia prône aussi un gel des prix de l'électricité, «au nom du droit de nécessité s'il le faut». Il veut que les salaires de plus d'un million de francs soient imposés comme des bénéfices et non plus comme des salaires.

Renforcer le pouvoir d'achat

Unia appelle enfin les employeurs à augmenter les salaires de leur personnel afin d'en renforcer le pouvoir d'achat. Les négociations en cours détermineront directement le pouvoir d'achat de 2009, selon M. Rieger.

Si l'économie suisse devait entrer en récession, des mesures anticycliques devraient alors être mises en oeuvre sans tarder, a-t- il ajouté. Et de citer la réalisation anticipée des projets d'investissements dans le domaine des infrastructures et des transports ou du programme d'encouragement des énergies renouvelables.

Vaste mouvement social

En se présentant comme un contrepoids important aux marchés financiers, Unia montre une fois de plus que sa mission ne se limite pas qu'à défendre les intérêts des travailleurs. «Nous sommes un mouvement social avec des préoccupations sociales qui touchent l'intégration, l'égalité et les questions de politique sociale», a relevé Rita Schiavi, membre du comité directeur.

Ces sujets occuperont d'ailleurs largement les membres du syndicat lors de leur premier congrès ordinaire qui se tiendra dès jeudi et jusqu'à samedi à Lugano. Le lieu de la réunion n'est pas le fruit du hasard, puisque le Tessin est l'exemple même d'un syndicalisme de terrain couronné de réussite, a expliqué Fabienne Blanc-Kühn, du comité directeur.

La grève aux ateliers de CFF Cargo à Bellinzone, qui a poussé la direction des CFF à retirer ses projets de démantèlement, fait partie des grands succès enregistrés par Unia depuis sa création en 2004. Renzo Ambrosetti, co-président d'Unia, cite aussi en exemple le conflit dans le secteur de la construction.

Baisse des membres

Parmi les points négatifs des quatre ans d'existence, la baisse des effectifs (- 2,3 %) est regrettée. Le nombre élevé de départs à la retraite de membres n'a pas été compensé par les arrivées, a expliqué M. Rieger. Le syndicat garde bon espoir de corriger cette évolution grâce au succès croissant dans le secteur des services, auprès des femmes et des jeunes, a noté M. Ambrosetti. (ats)

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