Genève: Le «t-shirt de la honte» est «stigmatisant»

Publié

GenèveLe «t-shirt de la honte» est «stigmatisant»

La cheffe du Département de l’instruction publique genevoise a réagi samedi à la polémique vestimentaire qui secoue le canton depuis jeudi.

Pour Anne Emery-Torracinta, la loi sur l’instruction publique stipule que les élèves portent une tenue vestimentaire correcte et adaptée au cadre scolaire.

Pour Anne Emery-Torracinta, la loi sur l’instruction publique stipule que les élèves portent une tenue vestimentaire correcte et adaptée au cadre scolaire.

DR

Le «t-shirt de la honte» est «stigmatisant», selon la conseillère d’État Anne Emery-Torracinta (PS), en charge du Département de l’instruction publique (DIP) à Genève. Ce vêtement est destiné aux élèves qui ne porteraient pas une tenue correcte au cycle d’orientation de Pinchat.

Le «t-shirt de la honte» a fait l’objet de nombreuses publications sur le compte Instagram «Sexisme Genève», comme l’a révélé jeudi «Le Courrier». Ce sujet polémique a été repris par plusieurs médias, faisant sortir la cheffe du DIP de sa réserve. «Je pense que cet élément doit être revu. Il est stigmatisant», déclare-t-elle samedi dans un entretien accordé à la «Tribune de Genève».

Ce t-shirt extra-large qui descend jusqu’aux genoux porte l’inscription «J’ai une tenue adéquate». Il doit être revêtu par les élèves qui portent des vêtements laissant apparaître leur ventre, leurs épaules ou le haut des cuisses ou dont l’habit arbore un imprimé à caractère injurieux ou obscène. Selon les publications sur Instagram, les filles sont davantage visées que les garçons.

«Ni humilier ni stigmatiser»

«Les règles s’appliquent à tous», souligne Anne Emery-Torracinta, écartant tout sexisme: «La mode du ventre découvert concerne cette année les femmes. Il y a quelque temps, c’étaient les casquettes des garçons qui posaient des problèmes. Ou de s’habiller comme s’ils étaient en salle de gymnastique». «L’école est un lieu d’apprentissage et le vêtement ne doit pas y faire obstacle», justifie-t-elle.

À Genève, la loi sur l’instruction publique stipule que les élèves portent une tenue vestimentaire correcte et adaptée au cadre scolaire. Chaque établissement peut ensuite préciser ce qu’il entend par là.

Pour la conseillère d’État, le but de ce t-shirt n’était «ni d’humilier, ni de stigmatiser», mais d’éviter qu’on ne «renvoie l’élève à la maison pour se changer, ce qui est problématique dans le cas de l’école obligatoire.» Et de rappeler que cette mesure a été discutée en 2014 avec les parents et les élèves.

(ATS/NXP)

Ton opinion