Addictions: Le tabac à priser et le snus n'empêchent pas de fumer
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AddictionsLe tabac à priser et le snus n'empêchent pas de fumer

Une étude du CHUV montre que l'utilisation de substituts contenant du tabac n'a pas d'influence positive pour aider à arrêter de fumer.

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ats/ywe
Keystone

Consommer du tabac sans fumée pour arrêter la cigarette ne fonctionne pas. Ce serait même plutôt le contraire, selon une étude lausannoise effectuée auprès de 5000 recrues de l'armée.

Une équipe du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) a voulu savoir si le tabac à priser ou le snus incitaient les jeunes à diminuer leur consommation de cigarettes, voire à ne pas commencer à fumer du tout. «Il y a un grand débat pour répondre à cette question, notamment en Suède, où ces produits sont très populaires et où une baisse de la fumée est constatée», informe le chercheur.

«Nous avons sélectionné les participants auprès des services de recrutement de l'armée car nous voulions être les plus représentatifs possibles de toutes les couches de la société», explique Gerhard Gmel, l'un des responsables de l'étude. «Nous avons suivi leur consommation pendant 15 mois», précise-t-il.

Conclusion de l'étude: rien n'indique que ces types de consommation sans fumée aient un effet positif sur les fumeurs. Pire, elles augmentent même la probabilité que les jeunes adultes commencent à fumer, selon les résultats publiés dans la revue «Nicotine & Tobacco Research».

Effet inverse plus net

Parmi les participants à l'étude, seuls 2,5% de ceux qui fumaient quotidiennement ont indiqué avoir cessé grâce à la prise de tabac oral ou à priser. L'effet inverse était beaucoup plus net: les non-fumeurs qui au début de l'étude consommaient déjà du tabac sans fumée en petites quantités avaient davantage de probabilités de passer à la cigarette. Ceux qui ont commencé en cours d'étude aussi.

Les recrues qui fumaient déjà avaient également plutôt tendance à continuer, même si elles pratiquaient aussi le snus ou le tabac à priser en parallèle. Ces alternatives n'ont donc pas d'effet positif sur la consommation de cigarettes, du moins pour cette classe d'âge - environ 20 ans - en Suisse, selon les conclusions des chercheurs.

Consommation en hausse

Le snus, dont la vente n'est pas autorisée en Suisse, est du tabac humide en poudre à placer dans la bouche. Selon Stop-tabac, sa consommation, ainsi que celle de tabac à priser, entraîne une dépendance et des risques pour la santé. Des études ont prouvé, par exemple, une augmentation du risque d'infarctus, d'AVC, de cancer de la cavité buccale et de déchaussement des dents. La consommation de ces produits serait en hausse. «Nous avons été surpris de certains résultats de l'étude, notamment le fait que 23% des participants ont consommé, au moins une fois au cours des 12 derniers mois, du tabac à priser. Ce taux est de 10% en ce qui concerne le snus», indique Gerhard Gmel.

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