Coronavirus à Genève: Le taux de reproduction, critère clair mais imparfait
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Coronavirus à GenèveLe taux de reproduction, critère clair mais imparfait

Face au Covid-19, le «Re» choisi par Berne ne dit pas tout. Le Canton a serré la vis quand il chutait et l’a desserrée quand il remontait.

par
Jérôme Faas
Le taux de reproduction du Covid (Ro) oscille entre 2 et 3. C’est le nombre de personnes qu’un malade infecte si aucune mesure n’est prise.

Le taux de reproduction du Covid (Ro) oscille entre 2 et 3. C’est le nombre de personnes qu’un malade infecte si aucune mesure n’est prise.

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Re. Tous les restaurateurs sont suspendus à ces deux lettres, qui signifient taux de reproduction effectif du Covid-19 (lire l’encadré). Qu’il dépasse trois jours consécutifs 1, et les cafés fermeront à 19 h, a imposé Berne. Le 30 novembre à Genève, il atteignait 0,94, chiffre en hausse quotidienne depuis le 0,56 du 12 novembre.
Jusqu’alors, pourtant, le Canton décidait sur une autre base: «Le Re, dont la fiabilité reste encore à démontrer, n’était effectivement pas le ­critère décisionnel», indique Laurent Paoliello, porte-parole du Département de la santé.
Ainsi, le 11 octobre, le Re, alors de 1,7, commence à baisser. Le Canton serre pourtant la vis le 23 (Re à 1,18) et boucle les commerces le 2 novembre, alors qu’il atteint 0,94. C’est que les hospitalisations ont bondi, passant de 57 le 11 octobre à 493 le 2 novembre. Pour le Conseil d’État, «d’autres indicateurs entrent en ligne de compte dont, notamment, le nombre de nouveaux cas, le nombre de personnes hospitalisées ou encore le taux d’occupation des soins intensifs».
Le Re, lesté d’un effet retard de 14 jours, possède donc une importance relative. Il a grimpé de nouveau le 12 novembre, alors que Genève était sous cloche: vu le nombre de malades à cette époque (629 hospitali­sations), le réservoir de personnes susceptibles d’en infecter d’autres était à son apogée, explique le Canton. Il ne se prononce pas formellement sur la pertinence du critère du Re retenu par Berne, mais ne se fait pas d’illusion quant au caractère inéluctable du franchissement du seuil fatidique de 1. «C’est l’augmentation des contacts interhumains (achats de Noël, rencontres sociales dans les restaurants et événements privés) qui contribue le plus à faire augmenter le Re», observe le Canton.

Ce qu’est le «Re»

Le taux de reproduction du Covid (Ro) oscille entre 2 et 3. C’est le nombre de personnes qu’un malade infecte si aucune mesure n’est prise. Le taux de reproduction effectif (Re), lui, dit la progression de l’épidémie (mais pas sa taille). À 1, elle est stable: un malade génère un autre malade. Berne utilise les calculs de l’EPFZ, avec un retard de 14 jours pour les cantons. Le Re s’obtient en divisant le nombre de nouveaux cas un jour X par celui de la veille.

22% d’immunisés

Plus d’un Genevois sur cinq (22%) a développé des anticorps contre le Covid-19, a révélé jeudi l’étude de séroprévalence débutée par les HUG ce printemps. Ce taux était de 6% mi-avril et de 11% en juin. Ces données sont issues d’un échantillon représentatif de 2072 personnes. Les moins de 6 ans et les plus de 65 ans affichent 15% et 14% de séroprévalence. Les plus de 75 ans sont les moins immunisés, avec un taux de 10%. À l’autre bout du spectre, les 18-25 ans sont les plus touchés (28%), devant les 25-35 ans (27%).

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