Attentat en Tunisie: Le terroriste de Sousse ne visait que les touristes
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Attentat en TunisieLe terroriste de Sousse ne visait que les touristes

Une jeune blogueuse de mode, figure parmi les 15 Britanniques victimes du terroriste ayant perpétré un massacre sur la plage de Sousse. Le tireur ne visait pas les locaux.

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cga/afp
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05.08  Scotland Yard a affirmé mercredi l'existence d'un «lien» entre l'attaque jihadiste contre le musée du Bardo à Tunis le 18 mars (à gauche) et celle contre un hôtel de Port El Kantaoui, près de Sousse.

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31.07 Le président tunisien Beji Caid Essebsi a décidé de prolonger l'état d'urgence de deux mois à partir du 3 août, a annoncé un communiqué diffusé vendredi.

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Fethi Belaid
22.07 Le Parlement tunisien a entamé mercredi trois jours de débats pour adopter une nouvelle loi «antiterroriste». Critiqué par des ONG, le texte est attendu depuis des mois après des attaques sanglantes revendiquées par le groupe État islamique.

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Keystone

Des milliers de touristes étrangers quittaient la Tunisie samedi au lendemain d'un carnage dans un hôtel revendiqué par le groupe extrémiste Etat islamique, qui a coûté la vie à 38 personnes dont au moins 15 Britanniques. «Il s'agit de l'attaque terroriste la plus importante contre des citoyens britanniques» depuis les attentats de Londres en 2005, selon un responsable du Foreign Office.

Parmi les morts figurent aussi une Belge, un Allemand, une Irlandaise et une Portugaise, d'après le ministère tunisien de la Santé. Toutes les victimes se trouvaient sur la plage ou au bord des piscines de l'hôtel Riu Imperial Marhaba à Port El Kantaoui, près de Sousse (140 km au sud de Tunis), lorsqu'un étudiant tunisien a ouvert le feu et perpétré le pire attentat de l'histoire récente de la Tunisie. Ainsi d'après les médias anglais, Carly Lovett, jeune blogueuse de mode et étudiante à l'université de Lincoln, passait ces vacances en Tunisie depuis mardi. Elle se trouvait avec son ami, avec lequel elle s'était fiancée en décembre dernier. Elle figure parmi les victimes britanniques, nationalité qui serait pour l'instant la plus touchée par le massacre.

«Nous avons peur»

L'attaque a porté un nouveau coup au secteur vital du tourisme, trois mois après celle contre le musée du Bardo à Tunis (22 morts dont 21 touristes), aussi revendiquée par l'EI. Déjà moins nombreux sur les côtes tunisiennes depuis la révolution de 2011, les touristes ont commencé à partir dès la nuit de vendredi à samedi. Plusieurs bus ont été affrétés dans la nuit vers l'aéroport d'Enfidha, entre Tunis et Sousse. Le flot de départs des hôtels se poursuivait samedi, et un avion était prévu presque toutes les 20 minutes au départ de l'aéroport, selon son site internet. «Nous avons peur», a confié à l'AFP un Britannique évacué.

«A la place (des touristes), je ne mettrais plus les pieds en Tunisie en cette période. C'est normal qu'ils partent rapidement après cette catastrophe. Ils viennent pour passer des vacances ou pour mourir?», a lancé en colère Imed Triki, un commerçant de Sousse. Selon le voyagiste belge Jetair, d'ici samedi soir 2000 clients auront été rapatriés en Belgique. Le tour opérateur Thomson a lui annoncé l'envoi de dix avions pour rapatrier environ 2500 touristes britanniques, et l'annulation de tous ses séjours la semaine prochaine dans ce pays.

Un policier en civil armé d'un pistolet mitrailleur montait la garde samedi devant la plage de l'hôtel. Plus loin, sur la plage de Port El Kantaoui, des Tunisiens profitaient de la mer, mais aucun touriste étranger n'était visible. Selon un dernier bilan provisoire du ministère de la Santé, l'attaque a fait, outre les 38 morts, 39 blessés dont 25 Britanniques, sept Tunisiens et trois Belges.

Gardiens sans armes

Le ministère a indiqué que l'identité de 17 victimes avait été établie mais sans fournir de décompte par nationalité, se contentant d'affirmer qu'il s'agissait de personnes «de nationalités britannique, allemande, irlandaise, belge et portugaise». Se faisant passer pour un vacancier selon les autorités, un étudiant qui avait caché son arme dans un parasol a ouvert le feu sur les clients sur la plage puis au bord des piscines de l'hôtel. Il a été ensuite abattu.

La propriétaire de l'hôtel s'est défendue de toute défaillance sécuritaire en expliquant que ses gardiens «ne sont pas armés». «Comment voulez-vous qu'ils puissent tenir tête ou se défendre contre quelqu'un avec une kalachnikov?», a ajouté Zohra Driss lors d'une conférence de presse dans son hôtel.

L'attentat a eu lieu le même jour qu'un autre revendiqué par l'EI contre une mosquée chiite au Koweït (26 morts) et qu'une attaque avec décapitation d'un homme en France, à trois jours du 1er anniversaire du «califat» proclamé par l'EI sur des territoires en Syrie et en Irak. Dans sa revendication, l'EI a affirmé qu'un «soldat du califat» avait tué «des sujets des Etats de l'alliance croisée», en référence à la coalition internationale antijihadistes qui bombarde ses fiefs en Syrie et en Irak.

Lors d'un entretien téléphonique avec le président tunisien Béji Caïd Essebsi, la chancelière Angela Merkel a assuré que son pays va «encore intensifier la coopération dans la lutte antiterroriste». Par ailleurs, Didier Burkhalter a évoqué samedi les attentats de la veille. Pour le ministre helvétique des Affaires étrangères, il est dans l'intérêt de la Suisse «d'améliorer la stabilité autour de nous», avec l'aide humanitaire et les bons offices.

Le tireur visait uniquement les touristes

Le Premier ministre tunisien Habib Essid, dont le pays voit monter la menace jihadiste depuis sa révolution en 2011, a annoncé des mesures pour renforcer la sécurité, dont la fermeture d'environ 80 mosquées accusées d'«inciter au terrorisme» et le recours à l'armée de réserve. L'auteur présumé de l'attentat a été identifié comme Seifeddine Rezgui, un Tunisien né en 1992 et étudiant à Kairouan (centre). Inconnu des services de police, il a agi seul «a priori», selon le secrétaire d'Etat aux affaires sécuritaires Rafik Chelly. Il visait seulement les touristes, a raconté un témoin tunisien. «Le terroriste nous a dit: 'Eloignez-vous, je ne suis pas venu pour vous'. Il ne nous a pas tiré dessus, il a commencé à tirer sur les touristes».

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