Allemagne: Le «tireur des autoroutes» devant ses juges
Actualisé

AllemagneLe «tireur des autoroutes» devant ses juges

Le «tireur des autoroutes» allemandes, un routier de 58 ans arrêté en 2013 après 5 ans de traque et accusé d'avoir tiré à plus de 700 reprises sur des véhicules, est jugé depuis lundi matin à Wurtzbourg.

Cet homme décrit par l'accusation comme «un solitaire frustré» qui «hait les autres», doit répondre de plusieurs chefs d'inculpation, notamment «tentative d'homicide involontaire» et «coups et blessures aggravés», car il aurait fait au moins une blessée.

Le tireur, identifié comme Michael Harry K., a été arrêté le 23 juin 2013. Marié, originaire d'ex-RDA, il a reconnu les faits, expliquant avoir agi par colère face à la situation sur les autoroutes allemandes qu'il a décrit comme «une sorte de guerre». Il voulait donner «une leçon» aux autres conducteurs, a expliqué le procureur Boris Raufeisen à l'ouverture du procès, selon l'agence DPA.

Une balle dans la gorge

Selon le procureur, le tireur savait qu'il pouvait provoquer «des accidents graves avec de lourdes conséquences pouvant aller jusqu'à la mort d'autres automobilistes».

La défense conteste les tentatives d'homicide. Lors de l'enquête, le tireur avait affirmé n'avoir jamais voulu blesser personne.

L'affaire avait démarré à la mi-2008 avec la découverte d'impacts de balles sur des voitures neuves transportées par camion. L'enquête débute mais les incidents se succèdent.

Un soir de novembre 2009, une conductrice échappe de peu à la mort: son véhicule est frappé par une balle et un bout du projectile vient se loger dans sa gorge. Dans le cas de cette commerçante d'une quarantaine d'années comme dans celui de quatre autres victimes, le parquet a retenu la tentative d'homicide.

Trahi par son téléphone

Pendant cinq ans, la police fait chou blanc, la presse parle du fantôme de l'autoroute. L'inquiétude s'étend, d'autant que le tireur a changé d'arme et de munitions. Dans un premier temps, on relève des impacts de calibre 22 mais à partir de l'automne 2012, ce sont ceux d'un pistolet 9 mm, plus dangereux.

L'affaire fut finalement confiée à une commission d'enquête spéciale de la police criminelle fédérale, forte de 90 personnes. Grâce à un complexe système de surveillance, mêlant caméras et relevés de plaques d'immatriculation, ils parviennent à cibler un camion.

Les données du téléphone portable du conducteur confirment finalement sa présence sur les lieux des tirs dans plusieurs Etats régionaux de l'ouest et du sud-ouest de l'Allemagne, et conduisent à son arrestation.

Neuf journées d'audience sont prévues pour ce procès qui doit s'achever à la mi-septembre. (afp)

Ton opinion