«Populisme mondain», «masque de la haine»: Le ton monte entre Fillon et Macron
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«Populisme mondain», «masque de la haine»Le ton monte entre Fillon et Macron

À trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle, le ton est monté d'un cran ce week-end entre le candidat de droite et l'ancien ministre de l'économie.

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cga/afp
Les deux candidats lors du débat télévisé du 20 mars dernier.

Les deux candidats lors du débat télévisé du 20 mars dernier.

AFP

«Supercherie», «populisme mondain», d'un côté. ««Il n'a plus de programme, alors il invective les autres», de l'autre. François Fillon et Emmanuel Macron se rendent coup pour coup dans la dernière ligne de droite de la campagne présidentielle.

Samedi, le candidat de la droite, que les sondages donnent actuellement éliminé dès le premier tour avec des intentions de vote oscillant entre 17 et 19%, a aussi misé sur «un vote de résistance» d'électeurs en quête «d'alternance» pour empêcher un second tour Emmanuel Macron - Marine Le Pen. Il a comparé ses partisans à une «armée de l'ombre qui se lève pour une France libre».

«Un pilote qui n'a jamais rien piloté»

Emmanuel Macron, «c'est une supercherie unique dans l'histoire de la Ve République», a assené à Biguglia (Haute-Corse) François Fillon, devant quelques centaines de supporters qui huaient le nom du candidat d'En Marche!, redoublant leurs rires et leurs sifflets quand leur champion appelait son adversaire d'«Emmanuel Hollande».

L'ex-Premier ministre a également accusé M. Macron de faire «semblant d'être un dissident», alors que son projet est «la continuation» de celui de François Hollande. «Il fait semblant d'être un candidat qui rassemble l'ensemble des Français (...) des anciens communistes jusqu'aux ultra libéraux», a-t-il raillé. La candidate du FN Marine Le Pen étant plus ou moins assurée de se qualifier au second tour de l'élection, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy concentre ses attaques envers celui qui apparaît comme son principal rival.

Lors de son meeting en soirée à Ajaccio, M. Fillon a livré de nouvelles attaques. «M. Macron n'a rien du renouveau mais tout de l'Ancien Régime. On a beau vouloir habiller complaisamment sa candidature de quelques plumes de l'Aigle, elle ne réussit pas à quitter la basse-cour socialiste», selon le député LR de Paris. L'ex-Premier ministre avait également ciblé vendredi soir à Toulon l'ex-ministre de l'Économie, «prince de l'ambiguïté» et «maître du flou artistique».

Des soutiens du candidat de la droite montent aussi régulièrement au créneau contre Emmanuel Macron. Dernier en date, François Baroin, président de l'Association des maires de France, a dénoncé «les hypocrisies», «les illusions», «les mensonges qu'il essaie de vendre aux Français» mais aussi «le crash assuré» avec «un pilote qui n'a jamais rien piloté, des copilotes qui vont de Cohn-Bendit à François Bayrou (...) et un personnel navigant qui va de Ségolène Royal à Jean-Yves Le Drian», dans une interview au Parisien samedi.

«Macron, c'est du populisme mondain», a encore jugé le sénateur-maire LR de Troyes (Aube), pour lequel «ceux qui veulent une alternance sans équivoque se retrouveront dans la candidature de François Fillon». Pour Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR et coordonnateur de la campagne Fillon, «Macron n'est pas mature». «Les choses se cristalliseront la dernière semaine. Les Français feront le choix de la raison», veut croire ce fidèle du candidat de la droite.

«Masque de la haine»

Le candidat, qui limite d'habitude les charges contre ses adversaires, a surtout riposté aux récentes attaques de François Fillon. Sa réponse a été tout aussi virulente. A Toulon, où le patron LR de la région PACA Christian Estrosi a été sifflé, le «clan» des fillonistes a «montré le masque de la haine et de l'indignité. Ce n'est pas le visage que je veux pour la France», a lancé le candidat d'En Marche! samedi en meeting à Marseille. «Il y a eu peu de moments où le nom de ce parti (Les Républicains, ndlr) a été si immérité par celui qui en porte les couleurs», selon lui.

«Il n'a plus de programme, alors il invective les autres. Il ne peut plus aller à la rencontre des Français, alors il se calfeutre avec son clan», a raillé M. Macron. «Ils ont décidé de tourner le dos à la République pour embrasser Sens commun (émanation politique de la Manif pour tous au sein de LR - ndlr). Eh bien, honte à eux !», a accusé le candidat de 39 ans. «Qu'ils suivent cette route poursuivant le Front national. Nous, nous sommes là et nous allons gagner!», s'est-il exclamé.

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