Fribourg: Le tonton flingueur fait recours
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FribourgLe tonton flingueur fait recours

Condamné à huit ans de réclusion en première instance pour avoir tenté d'assassiner le fiancé suisse de sa nièce, un quincagénaire turc nie tout et se dit victime d'une machination.

Les faits remontent à juin 2007. Ils sont noirs ou blancs selon de quel côté de la barre on plaide. Commise d'office, l'avocate de la défense Aleksandra Bjedov reprend la thèse de la machination, qu'elle affine.

En première instance, le tonton flingueur avait accusé sa nièce et son fiancé, entretemps mariés et futurs parents, d'avoir monté une machination pour se débarrasser de lui en le faisant expulser en Turquie.

Désormais, il accuse le jeune mari de s'être fait aider par un ami pour faire croire à une agression de l'oncle. Des témoins auraient pris à tort le complice pour l'oncle.

Cette thèse met hors de lui l'avocat du jeune Suisse. Non seulement l'accusé n'a rien avoué et n'a pas demandé pardon mais en outre il tente d'enfoncer un jeune couple.

«Fléau social»

Selon Me Benoît Sansonnens, le recours de l'accusé devrait être considéré comme abusif. Selon lui, ce «fléau social» n'a jamais travaillé de sa vie. Il a grugé sa nièce et a tenté d'obtenir à coups de mensonges une rente AI; au bout de 20 ans en Suisse, il ne parle que le turc et a besoin d'une traductrice au procès.

En termes plus sereins, l'analyse des faits dressée par le Ministère public n'est pas moins dévastatrice. L'accusé a recueilli sa nièce pendant sept ans de 1996 à 2003, avec à la clé le salaire de la jeune femme.

Il n'a pas apprécié qu'elle quitte la maison, le privant d'un revenu, pour fréquenter de surcroît un homme d'origine et de confession différente. Il les a harcelés, menacés, allant jusqu'à planquer des nuits dans sa voiture pour les épier. Peu avant son agression, il a téléphoné à sa nièce 34 fois en 10 jours pour la houspiller et la menacer.

Arme défectueuse

Le jeune mari ne doit la vie qu'à un défaut du pistolet de l'oncle. Ce dernier avait en outre utilisé des munitions qui n'étaient pas compatibles avec l'arme.

La défense a demandé l'acquittement de l'accusé. Le Ministère public a jugé la peine de 8 ans justifiée et égale à peu de choses près aux neuf ans qu'il avait requis en décembre 2008 devant le Tribunal pénal de la Sarine. (ats)

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