Cyclisme-Tour de Romandie: Le Tour des Suisses

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Cyclisme-Tour de RomandieLe Tour des Suisses

Après le récital de Michael Albasini, c'est au tour du plus grand espoir suisse de se mettre en évidence. Stefan Küng a réalisé un exploit solitaire exceptionnel pour s'imposer à Fribourg.

par
Robin Carrel
Fribourg
Stefan Küng, récent champion du monde de poursuite individuelle, a remporté le premier grand succès de sa carrière sur route.

Stefan Küng, récent champion du monde de poursuite individuelle, a remporté le premier grand succès de sa carrière sur route.

Le coureur suisse de la BMC a déjà tout d'un grand. Le jeune homme, également au bénéfice de la nationalité liechtensteinoise, est ainsi champion d'Europe espoirs en titre aussi bien sur route que contre-la-montre. Küng a également été couronné champion du monde de la poursuite individuelle chez les «grands» cette année. Pas mal, pour un pays qui se cherchait un successeur à Fabian Cancellara...

Après sa victoire sans appel de vendredi, à Fribourg, nombreux sont ceux qui vont le surnommer «King Küng» et ils auront sans doute raison. Le Suisse de 21 ans n'en est qu'à ses débuts chez les professionnels, mais il a déjà marqué les esprits. Il y a moins d'un mois, il remportait la Volta Limburg Classic, son premier trophée dans l'élite. Sur le Boulevard de Pérolles, il a glané son premier bouquet sur le World Tour.

La manière dont il l'a emporté en solo vendredi ne laisse guère de place au doute: c'est un futur crack qui s'est encore un peu plus révélé sous les yeux des Fribourgeois. Au sein de l'échappée du jour, la première à aller au bout depuis bien longtemps en Romandie, il a dompté des coureurs rompus à ce genre de fugues. Mais ni Jan Bakelants (vainqueur d'une étape et maillot jaune une journée sur le Tour de France 2013), ni Lieuwe Westra (double champion des Pays-Bas du chrono), ni un ultime effort de l'insatiable Julian Alaphilippe, n'ont résisté à la fusée de Wil.

Derrière, le reste du peloton n'a pu qu'admirer la démonstration. Michael Albasini, vainqueur de cinq étapes lors des deux dernières éditions de la boucle romande, a apprécié en connaisseur: «Je ne savais pas qu'il était dans l'échappée, mais on était au courant qu'il est capable de faire ça! C'est déjà un des coureurs les plus forts dans un final comme celui-là. Je ne suis donc pas du tout étonné. Tout le monde sait qu'il est très, très fort.»

Le puncher de la formation Orica-GreenEdge a quant à lui réussi à conserver in extremis son maillot jaune. Une tunique qu'il rendra à coup sûr demain à un des cadors du peloton, sur la ligne à Champex-Lac. «Vendredi, on a défendu le maillot et on est toujours là avec notre leader pour le classement (ndlr: le jeune Britannique Simon Yates). Mais la haute montagne, ce n'est pas mon terrain du tout! Je vais juste apprécier une dernière journée avec maillot jaune.»

En force

Stefan Küng s'est porté aux avant-postes après simplement 9 kilomètres, avec cinq compagnons d'échappée (Westra, Kochetkov, Vorobyev, Bakelants et Lindeman). Les équipes de favoris ont d'abord musardé sous la pluie, avant de réagir trop tard. Le St-Gallois, le plus fort de son groupe, a tenté sa chance en solitaire à 33 bornes de l'arrivée et ne sera plus jamais revu. Ni par le reste des échappés qui se sont ligués contre lui, ni par le peloton qui a laissé passer sa chance plus tôt dans l'épreuve. Sur la fin, dans des conditions à la limite du dantesque, le St-Gallois a réussi ce qu'il sait faire de mieux: une véritable poursuite individuelle, pour l'emporter en solitaire. Une démonstration!

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