Actualisé 26.04.2016 à 13:26

Cyclisme –Tour de RomandieLe Tour est-il maudit sur le plan météorologique?

Les années passent et les nuages restent, sur la Boucle romande. L'édition 2016 ne devrait pas échapper aux caprices du ciel.

de
Robin Carrel, La Chaux-de-Fonds
Lors de l'édition 2014 de l'épreuve, les coureurs avaient vécu des conditions extrêmes.

Lors de l'édition 2014 de l'épreuve, les coureurs avaient vécu des conditions extrêmes.

photo: Keystone/Jean-christophe Bott

Il est vrai que la pluie, la neige ou le vent font partie du terrain de jeu des cyclistes. Leur sport est par essence d'extérieur et le peloton sait jouer avec les frimas. Les bordures dues à Eole, les attaques mythiques sous la pluie ou la neige ont fait l'histoire de cette discipline. Le Tour de Romandie a aussi offert de magnifiques images, avec notamment ces impressionnants murs de neige lors de l'étape des Diablerets en 2014 (voir ci-dessus).

Mais le souci, c'est que les coureurs viennent en Romandie cette semaine pour préparer le Tour de France. Et sur les routes de l'Hexagone en juillet, il n'est pas rare que la température avoisine les 40 degrés, lorsque la caravane draine son flot d'athlètes et de véhicules publicitaires dans le sud du pays. Du coup, si difficile soient les cols de ce 70e TdR, il ne faudra pas en tirer trop d'enseignements. Tous les cyclistes réagissent différemment à la canicule ou aux coups de froid.

De la neige à la Tchaux

La météo est une nouvelle fois capricieuse en cette fin de mois d'avril. A La Chaux-de-Fonds, la neige était déjà de la partie, mais ne tenait pas au sol (+ 2 degrés) en début d'après-midi. Et heureusement, car tout donner sur un parcours d'environ quatre kilomètres avec la hantise de la chute à chaque virage ne doit pas être très motivant. Le reste de la semaine? Il ne s'annonce pas vraiment plus clément.

Selon les prévisions météo, il faudra s'assurer d'avoir sa petite laine à disposition lors de l'arrivée à Moudon (VD) mercredi. Les prévisions annoncent un temps couvert et seulement sept degrés. Le peloton attaquera ensuite déjà la montagne. On prévoit des éclaircies lors de la première arrivée en côte, à Villars-sur-Ollon (VD). Mais le thermomètre ne dépassera pas les quatre degrés. La neige est prévue dans la station vaudoise 24 heures avant l'arrivée...

«Toujours beau en Valais»?

Dès vendredi, on pourra vérifier l'adage qui dit qu'«il fait toujours beau en Valais». Le contre-la-montre à Sion sera un des moments décisifs de cette Boucle romande et selon les prévisions, on y annonce des éclaircies et une température bien plus douce. Même le vent devrait épargner les coureurs! Ces derniers devront en profiter, car ils pourraient bien souffrir le lendemain lors de l'étape-reine en direction de Morgins (VS): averses et froid au programme. Le dernier jour, les sprinters s'expliqueront à Genève sous les nuages.

Si les coureurs sont habitués à des conditions difficiles depuis le début de saison - Liège-Bastogne-Liège dimanche dernier en a été un bel exemple -, il convient aussi de penser aux suiveurs, qui souffrent de ces conditions. Les quelque 500 bénévoles qui montent les aires de départ, d'arrivée ou encore les portiques disséminés tout au long du parcours sont sans doute les plus à plaindre. Mais eux également se sont habitués aux conditions difficiles au fil des années. En espérant que les 70 bougies soufflées cette année par le TdR réchauffent tout ce petit monde.

Twitter, @robincarrel

Froome dénonce

The brother of the race organizer @RChassot ? Conflict of interest? @TourDeRomandiehttps://t.co/HfPSgeMN9z— Chris Froome (@chrisfroome) April 26, 2016

Plusieurs coureurs étaient inquiets des conditions compliquées dans lesquelles allait se dérouler ce prologue. Chris Froome a lui-même tweeté son appréhension en début d'après-midi, en dénonçant notamment le choix du délégué des Cyclistes Professionnels Associés (CPA) au protocole en cas de conditions atmosphériques extrêmes. Il s'agit en effet de David Chassot, frère de Richard Chassot, l'organisateur du Tour de Romandie. Sur le réseau social, le Britannique s'inquiétait d'un possible conflit d'intérêt entre les deux hommes. Personne n'a voulu réagir à chaud sur le sujet.

That's one way to get your race to go ahead without those pesky concerns about rider safety @TourDeRomandie@cpacycling— Chris Froome (@chrisfroome) April 26, 2016

Daniel Atienza, ancien coureur

«Ca ne donne pas envie... La majorité des coureurs préférerait qu'il fasse beau et chaud. Mais le cyclisme est un sport qui se déroule à l'extérieur et on doit s'adapter aux conditions. Aujourd'hui, pour quatre petits kilomètres, c'est surtout toute la logistique qu'il faut mettre en place qui est compliquée. Les coureurs ont fait un petit entraînement ce matin, ils sont en train de reconnaître le parcours (ndlr: aux alentours de 14 heures) et à chaque fois il faut se changer, et à chaque fois, on est mouillés, on a froid... Il faut faire attention de ne pas tomber malade, ce qui compromettrait nos chances pour la suite. Sur le fond, quand on est dans l'épreuve en elle-même, c'est quasiment terminé. Quatre kilomètres, ça passe très vite.

Plus généralement, on préfère les bonnes conditions. Après, les organismes ne sont pas tous les mêmes. Certains supportent mieux la canicule que d'autres et ce n'est pas forcément dû aux gabarits. L'année passée, Thibaut Pinot et Romain Bardet ont beaucoup souffert sur le Tour de France à cause de la chaleur, alors que ce sont de tout petits gabarits. Eux sont à l'aise dans le froid. Quelques coureurs préfèrent ce genre de conditions à la chaleur. Quand c'est vraiment compliqué, comme cela le sera ces jours avec des températures négatives en-haut des cols, ça fait peur à tout le monde, car c'est dangereux et, surtout, on ne veut pas tomber malades maintenant. Pour beaucoup d'athlètes, le TdR fait partie de la préparation en vue du Tour de France.»

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