Champel (GE): Le toxicomane au marteau prend quinze ans de prison
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Champel (GE)Le toxicomane au marteau prend quinze ans de prison

En mars 2014, un Français avait massacré son dealer dans un petit parc. Le Tribunal criminel a retenu ce jeudi l'assassinat.

par
Jérôme Faas
Le corps de la victime avait été retrouvé dans un fourré, le crâne en miettes, au chemin Thury, à Champel, au pied de la Haute école de santé.

Le corps de la victime avait été retrouvé dans un fourré, le crâne en miettes, au chemin Thury, à Champel, au pied de la Haute école de santé.

photo: Kein Anbieter/20 minutes / jef

Le prévenu plaidait le meurtre, les juges ont retenu l'assassinat. Le Français qui, en mars 2014, avait tué son dealer albanais d'au moins dix-neuf coups de marteau au crâne et au visage, a été condamné ce jeudi matin à quinze ans de prison par le Tribunal criminel de Genève.

La présidente Brigitte Monti a notamment retenu que le condamné avait planifié son acte deux jours auparavant, et qu'il avait réfléchi aux dispositions à prendre pour ne pas se faire pincer. Il a agi avec «violence et sauvagerie», puis a fait preuve de sang-froid pour ensuite fouiller le corps de sa victime et effacer ses traces. «Au vu de son absence totale de considération pour la vie de son dealer et le caractère particulièrement dénué de scrupules de ses actes, l'aggravante de l'assassinat est réalisée», a expliqué la magistrate. Son mobile, soit voler de l'héroïne, était «égoïste et particulièrement futile au regard d'une vie».

Aucune circonstance atténuante

Par ailleurs, la toxicomanie du trentenaire «ne l'excuse pas. Il avait bénéficié d'un suivi médical, sa famille était prête à l'aider et il bénéficiait d'une formation». Les juges ne lui ont accordé aucune circonstance atténuante. Ni le repentir, ni la détresse profonde. Tout au plus lui reconnaissent-ils «une ébauche de prise de conscience: il a sollicité lui-même un sevrage, et a entrepris un suivi psychologique qu'il suit avec assiduité.»

Une facture dépassant les 250'000 francs

L'assassin est en outre condamné à verser 65'000 francs pour tort moral au père, à la mère, à l'épouse et au fils de la victime, qui tous vivent en Albanie. Il devra également s'acquitter de 189'953 francs de frais de procédure. Le procureur Endri Gega, qui réclamait 18 ans de prison, a annoncé sa volonté de ne pas faire appel. L'avocat du condamné, Me Giovanni Curcio, ne s'est pas encore déterminé à ce sujet.

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