Suisse - Seco: Le TPF publie des détails sur l'affaire
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Suisse - SecoLe TPF publie des détails sur l'affaire

Le Tribunal pénal fédéral a donné des détails sur le scandale touchant le Secrétariat d'Etat à l'économie.

Le Seco est éclaboussé par un scandale.

Le Seco est éclaboussé par un scandale.

Dans l'affaire de corruption qui a récemment secoué le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), le Tribunal pénal fédéral (TPF) a rejeté le recours déposé par un des accusés suite à sa détention préventive. Ce faisant, il a publié divers détails sur l'affaire.

La chambre des recours du TPF a rendu sa décision le 28 mai et des extraits en ont été révélés mardi par le portail Newsnet. Le recours émanait du patron d'une société informatique, contre lequel une détention provisoire a été décidée en avril.

Cet homme serait le directeur de la seconde entreprise informatique que le Ministère public de la Confédération (MPC) a dans son collimateur à cause de l'affaire de corruption. Le MPC enquête déjà depuis janvier contre un ex-chef de service du SECO et deux anciens cadres de la société d'informatique zougoise Fritz&Macziol, filiale suisse d'une firme néerlandaise.

Selon l'arrêt du TPF, le patron de la seconde entreprise aurait versé à une entreprise de l'ancien chef de service du SECO «pendant plusieurs années des pots-de-vin et donations», en échange de contrats avec le Secrétariat d'Etat. Le chef de service du SECO aurait lui touché entre 2011 et 2013 entre 30'000 et 50'000 euros.

Factures gonflées

Le directeur de l'entreprise informatique ne conteste pas avoir payé parfois des factures «gonflées» à la société de l'ex-chef de service. Il affirme toutefois que ces paiements ne concernaient pas les relations que sa société entretenait «depuis plus de vingt ans» avec le SECO, mais des relations d'affaires privées.

Des déclarations que le TPF a jugé peu plausibles. Selon l'ex-chef de service, l'entreprise informatique concernée a obtenu, par le biais du SECO, des contrats entre 3,5 et 4 millions de francs entre 2011 et 2013. Les enquêteurs soupçonnent donc plutôt des contreparties aux contrats concédés par le SECO.

Pour rappel, l'affaire de corruption au sein du SECO a été révélée fin janvier. Le chef de service en question est soupçonné d'avoir attribué avec des complices des contrats à prix gonflés à des entreprises, en échange de cadeaux.

L'homme aurait notamment bénéficié de voyages, billets VIP et de matériel pour une valeur de plusieurs dizaines de milliers de francs.

Tour en calèche et vol en hélicoptère

Selon l'arrêt du TPF du 28 mai, le patron de la société informatique aurait aussi offert un iPad à l'ex-responsable du SECO et à ses collaborateurs. La conclusion d'un gros contrat aurait été fêtée avec un voyage en calèche sur le Gothard et un vol en hélicoptère.

La Cour n'exclut pas non plus que le recourant n'ait détruit du matériel de preuves avant son arrestation le 28 avril, puisque son interpellation n'a eu lieu que deux mois et demi après celle des premiers suspects. Dans son bureau, les policiers ont découvert «deux broyeurs de documents».

Une personne se trouve encore en détention préventive dans le cadre de la procédure menée par le MPC, a précisé à l'ats une porte-parole du Ministère public. Outre les services du procureur général de la Confédération Michael Lauber, la justice zurichoise enquête elle aussi sur cette affaire. (ats)

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