24.07.2020 à 06:08

Genève

Le traçage digital pourrait devenir la norme en boîte

Les membres du Grand Conseil de la nuit vont utiliser une plateforme afin de s’assurer de l’identité des noctambules. Une initiative en partenariat avec l’État qui pourrait devenir obligatoire.

de
Maria Pineiro
Les discothèques pourraient devoir fermer si elles ne peuvent garantir le traçage des clubbers.

Les discothèques pourraient devoir fermer si elles ne peuvent garantir le traçage des clubbers.

IStock / image prétexte.

S’assurer de l’identité des clubbers ou vivre sous la menace d’une fermeture des discothèques en cas d’aggravation de la situation épidémiologique? C’est peut-être ce qui attend les boîtes de nuit genevoises. «Nous avons constaté, lors d’enquêtes de traçage, que les données fournies par les clients n’étaient pas toujours correctes», a déclaré Laurent Paoliello, porte-parole du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé (DSES). Dans certains clubs, mentir n’est déjà plus possible grâce au pass CoGa.app, testé depuis le 20 juin à Genève par quelques membres du Grand Conseil de la nuit. Son utilisation va s’étendre à tous les adhérents de l’association de défense de la culture nocturne ces prochains jours en partenariat avec l’État.

Le principe est simple: le noctambule renseigne son identité et son numéro de téléphone sur la plateforme. À la suite de quoi, il reçoit un sms avec un QR code qu’il devra obligatoirement présenter à l’entrée et à la sortie de l’établissement avec sa carte d’identité. L’opération est bouclée en quelques minutes. Une seule inscription suffit pour tous ces clubs et n’est pas à renouveler. Les données sont chiffrées et seule une demande du médecin cantonal permet de les décoder. «Nous ne voulions pas nous associer à des systèmes manquant de transparence quant à l’utilisation des données. Il est important pour nous de protéger au mieux notre public», a expliqué Elisabeth Jaquet, coprésidente du Grand Conseil de la nuit. C’est pourquoi l’association a choisi de travailler avec l’entreprise 2GIK et de l’aider à continuer à développer et déployer l’application CoGa, alors que d’autres systèmes existaient déjà.

Pour l’heure, seuls les membres du Grand Conseil de la nuit utilisent ce pass. Parmi eux, la Gravière, l’Audio ou le Motel Campo, pour ne citer que les plus connus. «La collaboration a été excellente», a relevé Laurent Paoliello. Dès à présent, toutes les boîtes de nuit le désirant peuvent utiliser ce système afin d’enregistrer les heures de présence de leurs clients. Cela se fait sur une base totalement volontaire. «Mais cela peut être une alternative à la fermeture des discothèques si le nombre de nouveaux cas de Covid-19 devait fortement augmenter (lire encadré)», a confirmé Laurent Paoliello.

Le hic, c’est que ce système, à l’instar de certaines autres solutions, est payant. «Nous connaissons l’existence de ces pass, a réagi Arnaud Daviaud, directeur du Java club. Mais à 3500 fr. pour le système genevois, nous ne pouvons nous le permettre à l’heure actuelle. Nous collectons les identités à la main. Si une obligation devait nous être signifiée, alors nous discuterions du tarif.» Du côté de la société 2GIK qui a développé CoGA, Xavier Cosandey, fondateur, a confirmé ce prix, tout en indiquant être à la recherche de financements, afin de pouvoir offrir a posteriori ce service. «Nous n’avons pas la volonté de nous enrichir, mais de rendre service aux clubs. Le tarif actuel ne vise qu’à couvrir nos frais de fonctionnement pour une année.»

Situation sous surveillance

Comme en Suisse, à Genève, le nombre de cas positifs au Covid-19 est en augmentation. Le 21 juillet, 31 nouveaux cas étaient décelés. Les chiffres fluctuent entre une poignée et quelques dizaines, mais ce dernier pointage confirme bel et bien une courbe ascendante. «Les gestes barrières sont de moins en moins respectés, que ce soit au bureau, dans les magasins ou lors d’activités festives», s’est désolé Laurent Paoliello, porte-parole du DSES. Les autorités sanitaires étudient actuellement un probable durcissement des mesures dans le cas où la situation l’exigerait. Plusieurs pistes sont discutées, a confirmé le chargé de communication. Elles devraient être débattues la semaine prochaine par la Conseil d’État. Mais, à ce stade, rien n’est exclu. Des décisions pourraient intervenir dès cette fin de semaine.

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103 commentaires
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Kiki Lakekett

25.07.2020 à 18:51

Bah on se choper ailleurs !

Carel Deketh

25.07.2020 à 15:30

Comme pendant la deuxième guerre mondiale en tatouant des numéros sur les avant-bras ...

ganache

25.07.2020 à 05:35

Fermez tout simplement les boîtes de nuit tant que la pandémie n'est pas éradiquée, et que la fluctuation des contaminations et des décès est encore si importante... 🤔