Actualisé 26.10.2009 à 16:42

Lausanne

Le trader accusé reconnaît ses torts

Coup de théâtre lundi à la mi-journée au Tribunal correctionnel de Lausanne: le courtier en aluminium, accusé de gestion déloyale, a lu une déclaration dans laquelle il reconnaît avoir agi illégalement et occasionné à son employeur, le groupe international Noble, une perte de 37 millions de francs.

Son employeur, le groupe international Noble, lui reprochait d'avoir spéculé outrageusement sur le cours de l'aluminium, causant un trou de 37 millions. Un accord est intervenu au plan civil.

Dans l'après-midi, l'accusé a lu une déclaration solennelle. Il a reconnu avoir «agi illégalement pour contourner intentionnellement les systèmes et les contrôles de la société Noble et pour dissimuler des activités non autorisées de trading, lesquelles ont causé une perte considérable de 37 millions de dollars».

Cette déclaration a été négociée par les parties à huis clos. Elle devrait permettre de régler le litige sur le plan civil. Cette procédure débouchera sur un arrangement financier et le retrait de la plainte de Noble, qui ne sera plus partie civile au procès.

Le procès pénal se poursuivra toutefois mardi et mercredi, mais de manière simplifiée. L'accusé admet désormais l'entier des faits qui lui sont reprochés ainsi que les accusations de gestion déloyale et de faux dans les titres.

Contrats fictifs

La matinée avait pourtant commencé par des passes d'armes animées entre les avocats, deux pour chaque partie. L'accusé, un trader lausannois de 38 ans, comparaît pour avoir spéculé sur le cours de l'aluminium, au mépris des règles en vigueur chez Noble, et pour avoir établi des contrats fictifs pour dissimuler les pertes.

Il a agi en collaboration avec son supérieur direct, basé à Londres. En juin dernier, ce trader anglais a été condamné au civil à payer une amende de 38 millions de dollars.

Fermé les yeux

Durant la matinée, la défense, emmenée par Me Laurent Moreillon, a demandé en vain au tribunal d'ordonner une expertise neutre pour déterminer «le prétendu dommage» subi par l'employeur. A ses yeux, les opérations spéculatives étaient monnaie courante chez Noble. Tout le monde le savait: la direction a fermé les yeux.

L'avocat de Noble, Me Thomas Steinmann, a vivement contesté ces affirmations. Il a rappelé qu'au début des années 2000 Noble avait eu le courage de reprendre les activités du groupe vaudois André, tombé en faillite.

La société de négoce de matières premières s'est développée et emploie désormais quelque 200 personnes à Lausanne, où se trouve son siège européen. Le groupe britannique compte près de 3000 employés dans le monde.

Confiance bafouée

Pour Me Steinmann, ce procès n'est «pas seulement une question de dommage à 40 millions». Dans cette affaire, un principe essentiel, la confiance, a été «complètement bafoué». La justice doit donner un signal fort. «Toute l'industrie des matières premières est visée. Ces pratiques ne peuvent plus être tolérées et les entreprises ne doivent pas les cacher».

(ats)

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