Fraude chez UBS: Le trader inculpé pour fraude à Londres
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Fraude chez UBSLe trader inculpé pour fraude à Londres

Le trader Kweku A., soupçonné de transactions frauduleuses au sein de la banque suisse UBS qui lui aurait coûté jusqu'à 2 milliards de dollars, a été inculpé pour fraude vendredi à Londres.

Le courtier d'UBS soupçonné de transactions frauduleuses qui auraient coûté à la banque 2 milliards de dollars a été inculpé vendredi à Londres. Le jeune homme de 31 ans est poursuivi pour abus de position et fraude comptable.

Le suspect restera en prison jusqu'à sa prochaine comparution devant la justice le 22 septembre, a décidé un tribunal londonien à l'issue d'une première audience. D'après l'acte d'accusation, la première fraude comptable présumée a débuté le 1er octobre 2008 et s'est poursuivie jusqu'à fin 2009.

Le courtier est accusé d'une autre fraude comptable entre le 1er janvier 2010 et le 14 septembre 2011, soit la veille de son arrestation. Il se serait en outre rendu coupable d'un «abus de position» entre le 1er janvier 2011 et le 14 septembre.

Le trader avait été arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi par la police, qui avait été alertée par UBS. Il a choisi pour sa défense le même cabinet d'avocats que celui qui avait représenté l'ex-courtier qui avait été à l'origine de la faillite de la banque Barings dans les années 90.

La FINMA enquête

De leur côté, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) et l'autorité de surveillance britannique (Financial Services Authority/FSA) ont annoncé en soirée le lancement d'une enquête détaillée et indépendante. L'enquête sera menée par une entité tierce indépendante d'UBS.

Elle mettra l'accent sur le détail des activités de transactions non autorisées et l'échec des systèmes de contrôle qui ont permis à ces activités de ne pas être détectées. Elle va inclure une évaluation de l'efficacité globale des mécanismes de contrôle d'UBS visant à éviter des transactions non autorisées ou frauduleuses au sein de la banque d'investissement. Aucune indication sur la durée de l'enquête ne peut être donnée pour l'instant, note la FINMA.

Réputation écornée

Le trader travaillait sur des produits financiers complexes dans le domaine des fonds indiciels (»Exchange traded funds») au sein de l'unité marchés d'actions européennes dans la division banque d'investissement d'UBS. Son profil n'est pas sans évoquer celui de Jérôme Kerviel, le Français qui avait fait perdre près de 5 milliards d'euros à la Société Générale en 2008 avec des transactions non autorisées.

UBS n'était pas en mesure de donner des informations supplémentaires sur cette affaire vendredi. Ce scandale ternit une nouvelle fois la réputation du numéro un bancaire helvétique, qui avait frôlé la faillite suite à la crise financière, avant les foudres des autorités américaines dans le cadre d'affaires d'évasion fiscale.

Le groupe veut éclaircir le cas «au plus vite», a expliqué à l'agence financière AWP un porte-parole d'UBS.

«Je ne crois pas que ce soit un échec du système financier dans son ensemble», estime Manoj Ladwa, analyste chez ETX Capital à Londres, interrogé par l'AFP. Selon lui, les personnes chargées du contrôle des risques au sein d'UBS «ne se sont pas rendues compte assez rapidement que ce trader avait pris des positions énormes sur une très courte période».

Les agences de notation financière Moody's, Standard & Poor's et Fitch n'ont en tout cas pas tardé à réagir, indiquant qu'elles envisageaient de dégrader la note d'UBS, en s'interrogeant aussi sur les faiblesses du contrôle du risque au sein de la banque.

Rebond de l'action

«La perte sur transaction (du trader londonien) intervient à un moment où la profitabilité d'UBS a été mise sous pression par des facteurs comme la faible activité des clients et la solidité du franc suisse», a relevé Moody's. Cette dernière a cependant estimé que la perte était «gérable» du moment qu'elle ne dépassait pas les 2 milliards de dollars annoncés.

Cela n'a pas empêché l'action UBS de rebondir vendredi après la chute spectaculaire survenue jeudi, jour de l'annonce de la fraude. Le titre a clôturé en hausse de 5,2% à 10,26 francs, caracolant en tête d'un indice SMI en hausse de 0,36%.

Côté politique, le Conseil fédéral a pris connaissance de l'affaire et n'a pas mené de discussion à ce sujet, a indiqué le porte-parole de gouvernement. (afp)

Double enquête

Les gendarmes des marchés financiers en Suisse et au Royaume-Uni ont annoncé vendredi qu'ils lançaient des enquêtes «indépendantes» sur la perte de 2 milliards de dollars subie par la banque helvétique UBS en raison de la fraude d'un de ses traders.

L'enquête va notamment porter sur «l'activité non autorisée de trading», a précisé l'Autorité fédérale de surveillance des marchés (Finma) dans un communiqué.

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