Genève: le «Trading Forum» met l'accent sur les opportunités

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Genèvele «Trading Forum» met l'accent sur les opportunités

La première édition du «Trading Forum», qui s'est déroulée mardi à Genève, a mis l'accent sur les opportunités qui s'ouvrent pour le secteur, dans un monde en profonde restructuration.

L'activité de négoce est soumise à de multiples pressions.

«Les marchés des matières premières sont confrontés à plusieurs challenges qu'il leur faudra relever un à un», a indiqué Jacques- Olivier Thomann, président de l'Association genevoise de négoce et de trading (GTSA). En premier lieu, en pleine crise, les banques ont revu leurs positions. En quelques mois seulement, le financement des flux de marchandises est devenu plus tendu.

Autre psychologie

A la baisse des liquidités due à l'effondrement financier s'ajoute des réductions de capacités de production et une forte croissance de la volatilité des produits. Dans ce contexte difficile, des opportunités se dessinent pourtant, «à condition d'accepter l'idée que l'on a changé de psychologie», a expliqué Norman Hay, directeur général de Cargill International à Genève.

L'environnement économique qui sortira de la crise intègrera les technologies alternatives et les législations en cours d'élaboration aux Etats-Unis et en Europe destinées à mesurer les effets de l'activité humaine sur le réchauffement climatique.

«De nouveaux acteurs font leur entrée sur le marché», a estimé Norman Hay, citant Google qui a investi dans la géothermie et l'énergie solaire. La réduction des coûts dans l'énergie photovoltaïque et la mise au point de nouveaux carburants automobiles changent déjà le paysage.

Nouveaux carburants

Dans cinq ou dix ans, «de nouvelles sources d'énergie - à base d'algues ou de plantes herbacées - seront devenues plus compétitives», a expliqué le patron de Cargill. Elles seront devenues des matières premières utilisées tant dans l'alimentation que pour les carburants.

L'activité de négoce de matières premières va devoir s'adapter et prendre en compte des implications financières, sociales et environnementales différentes. Elle aura besoin de cadres bien formés, dont certains suivent leur cursus au bout du lac.

«Genève est bien placée pour s'affirmer plus encore comme une place qui compte», a estimé le professeur Bernard Morard, doyen de la Faculté des sciences économiques et sociales de l'Université de Genève. Celle-ci organise avec la Haute Ecole de Gestion (HEG), GTSA, et la promotion économique genevoise (SPEG) ce premier «Trading Forum».

Avec une cinquantaine de sociétés de trading, un effectif de quelque 10 000 collaborateurs et 40% des volumes de matières premières vendus dans le monde, le négoce a trouvé à Genève «une bonne localisation, une fiscalité attrayante et des facilités d'implantation», a rappelé M Morard.

L'industrie des fonds alternatifs (Hedge Funds), active dans les transactions au comptant et les opérations de couverture du trading, est bien représentée au bout du lac. «Une bourse des matières premières qui s'implanterait à Genève compléterait le tableau», s'est pris à rêver le professeur genevois.

(ats)

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