Actualisé 13.03.2013 à 11:36

SuisseLe trafic de coke en vogue à Neuchâtel

Le trafic de cocaïne s'est fortement développé à Neuchâtel. Depuis janvier, plus de 60 procédures ont été ouvertes, alors qu'auparavant, la moyenne se situait entre 10 et 20 procédures par an.

Ce phénomène est lié à l'arrivée de dealers provenant de l'Afrique de l'Ouest, bénéficiant pour la plupart du statut de requérants d'asile, constate le Ministère public neuchâtelois.

Depuis le début de l'année 2012, la justice a ainsi ouvert plus de 60 procédures préliminaires qui impliquent des Africains de l'Ouest pour du trafic de cocaïne, a souligné mercredi le procureur Nicolas Feuz dans un communiqué. Auparavant, entre 10 et 20 procédures étaient traitées en moyenne par année.

Dans le cadre de ces enquêtes, 38 ressortissants africains ont été incarcérés. D'autres suspects, qui font l'objet de mandats d'arrêt, n'ont pas pu être localisés par la police. Plusieurs dizaines de milliers de francs et plus de 1,5 kilo de cocaïne ont pu être saisis par la brigade des stupéfiants.

Transferts de fonds

Ces investigations ont nécessité la dénonciation et l'audition de 160 cocaïnomanes. Ceux-ci ont admis avoir acheté près de 10 kilos de cocaïne à ces dealers africains, soit une valeur marchande de 1,2 million de francs. Ces trafiquants utilisent des sociétés de transfert de fonds implantées dans la région pour envoyer une partie des bénéfices dans leur pays, selon la justice.

La police constate que son travail est devenu plus ardu en raison du nombre important de dealers africains et de leurs méthodes de vente de plus en plus offensives. Les témoignages de toxicomanes montrent que les trafiquants n'hésitent pas à les harceler à la sortie des boîtes de nuit ou simplement dans la rue.

Requérants d'asile

La situation économique précaire dans le sud de l'Europe a poussé beaucoup d'Africains de l'Ouest établis en Espagne, en Italie et au Portugal à s'exiler en Suisse pour y déposer une demande d'asile. Passablement de trafiquants arrêtés dans le cadre de ces enquêtes étaient au bénéfice de permis de séjour ou de passeports émis par ces pays, a constaté le Ministère public neuchâtelois. (afp)

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