Scandale alimentaire: Le travail a repris chez Spanghero

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Scandale alimentaireLe travail a repris chez Spanghero

Si l'entreprise Spanghero s'est remise au travail mercredi, les commandes manquent pour assurer les arrières. La firme est à l'origine d'un scandale alimentaire qui a secoué toute l'Europe.

Le travail a repris tout doucement mercredi chez Spanghero, sous un nouveau nom. L'entreprise compte cependant trop peu de clients pour assurer l'avenir des quelques dizaines d'emplois ayant survécu au scandale de la viande de cheval.

A l'heure où une petite quarantaine de salariés retournaient au travail, le patron, Laurent Spanghero, en a appelé aux donneurs d'ordres pour étoffer le carnet de commandes encore bien maigre de la société rebaptisée La Lauragaise. L'entreprise comptait auparavant 360 employés fixes, intérimaires et sous-traitants, dont il ne devrait plus subsister que 90 emplois.

«Nous avons besoin - et là c'est un appel que je lance - nous avons besoin des donneurs d'ordres, des enseignes», a déclaré M. Spanghero, 74 ans. Par sens du devoir, il a repris les commandes de l'entreprise qu'il avait fondée avec son frère Claude en 1970, avant que la famille ne la cède en 2009 à la coopérative basque Lur Berri.

La période estivale, peu propice à la consommation de cassoulets ou de plats cuisinés, complique grandement la tâche, a-t-il reconnu.

Transformation de viande à l'arrêt

Seule la chaîne de plats cuisinés fonctionne, une équipe d'une dizaine de personnes s'affairant à disposer les différents ingrédients du cassoulet, à l'aide de machines, dans des boîtes de conserve défilant à vive allure sur un tapis roulant. Elles en produiront 30'000 dans la journée.

La transformation de viande, l'autre activité traditionnelle de l'entreprise, est toujours à l'arrêt, faute de commandes. Locaux administratifs quasi-déserts, équipe de fabrication restreinte et ne tournant que sur une tranche de huit heures, le retour au travail n'a pas dissipé toutes les inquiétudes des 90 salariés repris.

Le 5 juillet, Laurent Spanghero et ses deux partenaires financiers, un promoteur immobilier de Narbonne, Jacques Blanc, et la société Investeam, ont obtenu du tribunal de commerce de Carcassonne de reprendre la société. Ils se sont engagés à sauvegarder 90 des 230 emplois pendant au moins deux ans.

La première mesure forte de la nouvelle direction, destinée à regagner la confiance des clients, a consisté à abandonner le nom de Spanghero pour le remplacer par La Lauragaise, en référence à la région d'implantation de l'entreprise.

Enquête toujours en cours

Cette mesure était également réclamée par les salariés, le nom Spanghero étant désormais indissociablement lié au scandale européen de la viande de cheval revendue pour du boeuf. Cette viande était achetée par des entreprises fabriquant elles-mêmes des plats cuisinés, comme des lasagnes, pour de grandes enseignes.

Mi-février, le gouvernement avait désigné la société de Castelnaudary comme un acteur primordial du scandale et avait suspendu pendant quatre jours les agréments sanitaires de l'entreprise. Une enquête judiciaire confiée à un juge parisien est toujours en cours. (ats/afp)

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