Le travail au noir mis au ban public
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Le travail au noir mis au ban public

GENEVE. La nouvelle loi fédérale entre en vigueur le 1er janvier. Genève prend les devants avec
des mesures critiquées.

Sur la batterie de mesures mises en place pour renforcer la lutte contre le travail au noir, la vindicte populaire figure en bonne place. La nouvelle loi fédérale prévoit de publier la liste des entreprises condamnées sur le site du Secrétariat à l'économie. La disposition vise à prémunir les marchés publics des sociétés peu scrupuleuses. A Genève, on fait un pas de plus. «Nous publierons aussi les noms des entreprises condamnées dans la Feuille d'avis officielle et sur le site de l'Etat, prévient le conseiller d'Etat François Longchamp. Avec des sanctions classiques comme les amendes, certaines entreprises en sortiront toujours gagnantes, alors que si toute la ville est au courant...» A l'Union des associations patronales (UAPG), on ne cache pas que la pilule a été difficile à avaler. «On traite les entreprises comme des criminels en les mettant au ban public», réagit Sabine von der Weid, de l'UAPG. Même avis de Me Charles Poncet: «Exclure des marchés publics les entreprises sanctionnées ne me choque pas. Mais publier les noms des sanctionnés est une mise au pilori inadmissible.» Jusqu'ici, pour des raisons de protection des données, les services concernés comme le fisc et les assurances sociales ne pouvaient communiquer entre eux. Les cas feront désormais le tour des services de l'Etat.

Renaud Bournoud

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