02.08.2019 à 12:41

Jugé trop invasif

Le travail depuis la maison n'a pas la cote

Deux tiers des salariés qui ne travaillent pas depuis chez eux ne souhaiteraient pas changer de situation. Pour la plupart, il s'agit de ne pas mélanger travail et vie privée.

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lph/dv
En Suisse,  environ un quart des personnes travaillent au moins une demi-journée par semaine dans leur bureau à domicile.

En Suisse, environ un quart des personnes travaillent au moins une demi-journée par semaine dans leur bureau à domicile.

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Plus de flexibilité, plus de contact avec ses proches et moins de temps passé dans les transports: de prime abord, travailler depuis la maison semble arrangeant.

Mais ce mode de travail n'a pas que des avantages. Et il n'est pas très apprécié des employés. C'est ce que montre une récente étude venant d'Allemagne, dans laquelle les responsables RH et les employés d'entreprises privées ont été interrogés.

Plus fréquent, mais pas plus envié

En Suisse, on estime qu'environ un quart de la population active travaille au moins une demi-journée par semaine depuis son domicile. «Et cette proportion va certainement encore augmenter», estime le professeur Lukas Scherer, directeur de l'institut pour l'économie d'entreprise à la Haute École spécialisée de Saint-Gall.

Or, selon les résultats de l'étude, l'idée de bosser depuis la maison fait peu d'envieux: parmi ceux qui ne travaillent pas depuis chez eux, les deux tiers disent ne pas vouloir changer leur situation. «Dans le débat public, on suppose souvent qu'une grande partie des employés aimeraient travailler à domicile au moins une fois de temps en temps. On oublie régulièrement que ce n'est pas le cas», estiment les auteurs de l'étude.

Séparer travail et vie privée

Pour 56% des sondés, ce désintérêt du «home office» s'explique par une volonté de séparer vie professionnelle et vie privée. Et pour cause: cette même séparation est le problème le plus souvent cité par ceux qui travaillent depuis la maison (48% des sondés).

«Il est clair que l'un des inconvénients majeurs du travail à domicile est le mélange entre vie privée et vie de l'entreprise», confirme le professeur Lukas Scherer. Selon lui, il est important que les employés qui travaillent chez eux disposent de règles claires, concernant les heures de travail et la sécurité des données notamment.

Parmi les autres entraves à la pratique du «home office», on trouve l'inadéquation à l'activité professionnelle, le désir du supérieur d'avoir l'employé présent physiquement et la collaboration rendue plus compliquée avec les collègues de travail.

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