Actualisé 24.11.2008 à 07:55

Crise financière

Le Trésor US accorde 300 milliards de garanties à Citigroup

Le Trésor américain a accepté de garantir jusqu'à hauteur de 306 milliards de dollars les actifs de Citigroup.

Les autorités américaines volent au secours géant bancaire Citigroup, l'une des banques les plus meurtries par la crise financière. Elles lui apportent une garantie de plus de 300 milliards de dollars (350 milliards de francs) sur ses actifs contre une entrée dans son capital.

«Le gouvernement américain est engagé à soutenir la stabilité des marchés financiers, ce qui est un préalable pour restaurer une croissance économique vigoureuse. Dans le cadre de cet engagement, le gouvernement américain a conclu dimanche soir un accord avec Citigroup afin de lui apporter un ensemble de garanties, d'accès à des liquidités et des capitaux», ont expliqué le département au Trésor et le régulateur bancaire FDIC, dans un communiqué conjoint.

Un tel accord était vivement espéré par le marché vendredi à New York, alors que l'action Citigroup poursuit une descente aux enfers incontrôlable ces dernières semaines, le marché doutant de la capacité de l'ex-numéro un mondial de la banque à faire face seul à la crise.

Plusieurs observateurs pariaient sur un sauvetage «à chaud» dans la foulée du torpillage du groupe en Bourse - chute de 70% en trois semaines, sous les 4 dollars -, s'appuyant sur les précédentes initiatives des derniers mois: rachat de Bear Stearns par JPMorgan, mise sous tutelle de Fannie Mae et Freddie Mac, nationalisation d'AIG, entre autres.

Selon les modalités de cet accord, les autorités apportent garanties financières et nouvel apport de liquidités à Citigroup, ce qui évite au géant bancaire le scénario de la vente partielle, voire intégrale, à un tiers.

Dans le détail, le Trésor et la FDIC apportent «une protection contre la possibilité de pertes importantes et inhabituelles d'un ensemble d'actifs d'une valeur de 306 milliards de dollars», ont- elles expliqué.

Crise du subprime

Ces pertes sont associées à l'exposition de Citigroup aux produits complexes adossés à des créances à risques - notamment «subprime» -, dont le groupe peine à se débarrasser. Citigroup s'est brûlé les ailes avec ces produits complexes sur lequel il a été excessivement gourmand, selon les analystes.

Les autorités n'ont pas fait mention dimanche de la création d'une structure ad hoc qui logerait ces actifs, comme avancé par la presse. Il a seulement été indiqué que ces actifs «resteront dans les comptes de Citigroup».

Les autorités ont ajouté que «si nécessaire», elles étaient «prêtes» à garantir tout «risque résiduel» pour ces actifs toxiques.

Washington a également débloqué une nouvelle enveloppe pour Citigroup, de 20 milliards de dollars, tirée du plan de soutien au système financier américain, doté de 700 milliards de dollars. Cette aide s'ajoutera aux 25 milliards déjà consentis à Citigroup dans le cadre de ce plan.

En échange, Citigroup s'est engagé à émettre des actions préférentielles pour permettre une prise de participation par le Trésor et la FDIC, au montant non précisé.

Salaires des dirigeants

Citigroup a aussi accepté de procéder à «des restrictions» sur les rémunérations de ses dirigeants, et s'est engagé à mettre en oeuvre la feuille de route de la FDIC en matière de produits hypothécaires.

Ce plan d'urgence à Citigroup, s'il était très attendu, fait figure d'exception dans la manière dont les autorités manoeuvrent pour stabiliser le système financier américain.

Le secrétaire au Trésor Henry Paulson avait récemment annoncé qu'il ne toucherait plus au solde du plan de 700 milliards, après en avoir déjà utilisé une première tranche pour renflouer plusieurs banques - dont Citigroup -, afin de laisser des marges de manoeuvre à l'administration du Président élu Barack Obama.

Le Trésor avait aussi récemment annoncé qu'il renonçait à racheter ces actifs aux banques, préférant investir directement au capital des banques à secourir.

(ats)

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