Football - Ligue des champions: Le triomphe provocateur de Mourinho fâche
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Football - Ligue des championsLe triomphe provocateur de Mourinho fâche

Suite à la qualification de l'Inter Milan pour la finale de la Ligue des champions mercredi soir, l'attitude affichée par son coach n'a pas plu à tout le monde.

par
duf

Jose Mourinho n'a pas eu le triomphe modeste suite à la qualification de son équipe à Barcelone mercredi pour la grande finale du football européen.

Au coup de sifflet final, le Portugais s'est élancé sur la pelouse au pas de course, le bras levé vers le public du Camp Nou en signe de défi.

Le regard fixe vers le haut, un doigt pointé vers le ciel, le stratège de l'Inter a ainsi provoqué les supporters locaux, dont le FC Barcelone chéri venait de connaître l'élimination.

Froissé par ce manque de respect, le gardien catalan Victor Valdes a tenté d'intercepter Mourinho pour le renvoyer vers son banc, avant de protester auprès de l'arbitre du match au sujet de l'attitude provocatrice du coach. En vain. Ce dernier a poursuivi ses célébrations.

Eloges dans la presse

La presse italienne rivalise jeudi en revanche de qualificatifs tous plus élogieux les uns que les autres, pour célébrer la qualification de l'Inter de Jose Mourinho pour la finale de la Ligue des champions aux dépens du FC Barcelone champion d'Europe mercredi au Camp Nou.

«Inter, mur de gloire», barre en une La Gazzetta dello Sport pour souligner la performance d'une équipe qui, vite réduite à dix (exclusion de Thiago Motta, 28), a résisté jusqu'au bout aux assauts d'un Barça vainqueur (1-0) mais insuffisamment après sa défaite à l'aller (3-1) à Milan.

Pour le quotidien sportif milanais, qui insiste en pages intérieures sur une «Inter épique», cette qualification récompense les «lions héroïques de (l'entraîneur Jose) Mourinho».

Samuel «monumental»

«Elle s'est qualifiée grâce à la force d'une extraordinaire défense guidée par Samuel, poursuit La Gazzetta, mais le mérite en revient à l'équipe toute entière qui a montré à quel point était important le sacrifice de chacun, à commencer par celui des attaquants».

Le défenseur central Samuel, justement, est crédité de la meilleure note (8,5/10, «monumental»), tandis que Mourinho est loué pour son «chef d'oeuvre tactique».

Dans le Corriere della Sera, l'éditorialiste Mario Sconcerti assure que cette qualification est «surtout le mérite de Mourinho».

«Barcelone est prévisible comme tous les génies, Michel Ange fait du Michel Ange, Picasso du Picasso. La différence vient de celui qui doit sauver sa peau», écrit-il tout en soulignant que malgré l'infériorité numérique, «Mourinho a lâché jusqu'à la fin ses attaquants. Il a respecté le football».

«Douce défaite»

A côté, un des envoyés spéciaux au Camp Nou évoque la «ligne Maginot bâtie par Mourinho», tandis qu'un autre compare le Portugais au «colonel Kilgore», personnage d'Apocalypse Now, le chef d'oeuvre de Francis Ford Coppola sur le Vietnam, qui «adore respirer l'odeur du napalm le matin».

«Le colonel Mourinho/Kilgore a empaqueté tactiquement Guardiola (...). La rencontre a été gérée avec la même lucidité à dix, le signe d'une équipe qui suit son gourou, lequel aspire désormais à entrer désormais dans le club fermé de ceux qui ont gagné la Ligue des champions avec deux équipes différentes».

«C'est la finale» et «une douce défaite», titre simplement La Repubblica, le club milanais n'ayant plus atteint ce stade de la compétition depuis 1972.

10 sur 10 en cas de victoire finale

«Un triomphe plus que mérité, écrit l'éditorialiste Gianni Mura. On dira que c'est la victoire du vieux football à l'italienne. Il me semble plutôt que c'est la défaite, pesante, dure, du football tel qu'il est pratiqué par Barcelone. C'est merveilleux, le maximum de la technique, cela rend heureux les spectateurs, mais ça ne fonctionne pas toujours».

Le quotidien crédite également Mourinho d'un 9/10, en soulignant que le 10/10 sera pour la victoire en finale.

Enfin La Stampa évoque «une leçon de maturité» et «pas contre n'importe qui, mais les champions d'Europe, du monde, de tout. Ibrahimovic, on ne l'a pas vu. Messi, quasiment pas. Autre chose?».

«Pour un soir, la "Puce" (le surnom de Messi, ndlr) la plus grande du monde se découvre toute petite», insiste le quotidien turinois tout en exaltant les deux défenseurs centraux, Lucio et Samuel, les «jumeaux géants».

Les célébrations de Mourinho.

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