Actualisé 14.12.2009 à 17:59

FribourgLe tueur aux 26 coups de couteau recourt contre sa peine

L'homme qui a tué son ex-amie de 26 coups de couteau le 3 décembre 2006 à Vuisternens-devant-Romont (FR) a été condamné lundi à 15 ans de réclusion par le Tribunal cantonal fribourgeois.

Ce Marocain de 42 ans a ainsi obtenu une légère diminution de peine.

Le TC a partiellement admis son recours contre la peine de 18 ans prononcée en novembre 2008 par le Tribunal pénal de la Glâne à Romont (FR). Son défenseur commis d'office a tenté de plaider une forte réduction de peine à six ans de réclusion. A l'issue du jugement, l'accusé n'en paraissait pas moins soulagé et remerciait son avocat.

Pas plus la défense que le Ministère public n'ont remis en question la qualification pénale d'assassinat, a rappelé le président du tribunal Alexandre Papaux en motivant brièvement le verdict. La cour devait donc se prononcer sur la seule quotité de la peine.

Responsabilité diminuée

Pour mémoire, les peines encourues pous assassinat peuvent varier de 10 ans à la perpétuité. Selon le TC, la gravité des actes de l'accusé permet de les situer dans la tranche supérieure, sans pour autant aller jusqu'à une réclusion à vie. Cette dernière doit rester une peine d'exception, par exemple dans les cas de graves risques de récidive.

Le TC a choisi de se distancer des juges de première instance qui étaient partis d'une peine brute de perpétuité. Une peine brute de 20 ans correspond mieux aux faits reprochés à l'accusé, a dit le juge Papaux. La cour a en revanche suivi les juges de première instance en admettant aussi une légère diminution de responsabilité de 25%.

Elle a repris à son compte l'analyse des juges de première instance. L'accusé avait soumis sa victime, une Marocaine de 28 ans, à un véritable harcèlement. Il n'arrivait pas à admettre qu'elle veuille mettre fin à une relation à rebondissements, pour tous deux extra-conjugale.

Une véritable exécution

Il a eu de la réticence à entreprendre un véritable suivi psychologique après la rupture alors qu'il connaissait sa vulnérabilité. Le jour du drame, il a pris son arme, il l'a attendue sur son lieu de travail où il s'est dissimulé et lui est tombé dessus.

Les 26 coups de couteau disent bien sa rage et son acharnement. Après son forfait, l'homme est resté calme. Il a bu une bière et a averti sa soeur ainsi que celle de sa victime.

Froid et menteur

Au cours du premier procès, il a menti sur ses véritables motifs, invoquant tout d'un coup un mystérieux amant égyptien dont personne n'avait jamais entendu parler ainsi qu'un soit-disant mariage musulman avec sa victime. Ont également pesé dans la balance l'absence d'un début d'indemnité à la famille de la victime ainsi que des regrets tardifs.

La défense a lundi vaillamment tenté d'obtenir une forte réduction de peine. Le nouvel avocat commis d'office, Me Jean Lob, a beaucoup insisté sur l'effet dévastateur qu'avait eu sur son client la rupture avec la victime.

Selon Me Lob, la peine infligée par le Tribunal pénal de la Glâne à Romont (FR) était «manifestement excessive». Et de relever le fait que même le Ministère public avait à l'époque requis une peine de 16 ans.

Dommages et intérêts

Le TC a en outre condamné l'accusé à verser au veuf un montant de 53'410 francs ainsi que 34'090 francs à la soeur de la victime, avec intérêt à 5% dès le 3 décembre 2006. Les dépens et les frais de procédure sont mis à sa charge.

(ats)

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