Le tueur d'Anvers condamné à la prison à vie

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Le tueur d'Anvers condamné à la prison à vie

La justice belge a condamné jeudi à la prison à vie le jeune homme qui avait tué en mai 2006 une fillette de deux ans et sa nounou africaine dans le centre d'Anvers.

Elle a ainsi envoyé, selon les proches des victimes, un «message clair» contre le racisme.

La cour d'assises d'Anvers a suivi le réquisitoire de l'avocat général, qui avait estimé qu'aucune circonstance atténuante ne pourrait être retenue pour les deux assassinats et la tentative d'assassinat pour lesquels Hans Van Themsche, 19 ans, avait été reconnu coupable mercredi soir.

Le 11 mai 2006, il s'était lancé dans une folle équipée meurtrière dans le centre d'Anvers, ville portuaire où vivent une importante communauté juive orthodoxe et de nombreux immigrés originaires d'Afrique du nord, mais qui est aussi un bastion du parti d'extrême droite, Vlaams Belang.

«Excuses»

L'adolescent avait «présenté ses excuses» dès le premier jour de son procès. Il avait raconté avoir voulu se venger des «macaques», après avoir été renvoyé la veille de son école pour avoir fumé dans sa chambre.

Se rasant le crâne, s'affublant de bottines militaires et d'un long manteau noir à la manière des héros des jeux vidéos, il s'était procuré un fusil de chasse chez un armurier, avant de partir à la recherche d'étrangers.

Il avait d'abord grièvement blessé une femme turque voilée, qui lisait assise sur un banc. Elle n'a eu la vie sauve que grâce à ses implants mammaires qui ont freiné le calibre de chasse.

Ensuite, il avait croisé la route d'une Malienne de 24 ans, qui se promenait avec la fille cadette d'un couple de restaurateurs dont elle était la nourrice. Il avait tiré dans le dos de la jeune femme, puis abattu la fillette. Sa course avait été arrêtée par un policier, qui l'avait blessé par balles.

Racisme

Les jurés ont estimé qu'il avait agi par racisme, une «circonstance aggravante» récemment inscrite dans le code pénal belge et retenue pour la première fois lors de cette séance d'assises belges.

«Vous avez agi avec une violence aveugle, sans aucun respect pour la vie d'autrui. Vous avez réduit la valeur de la vie à rien pour vouloir vous affirmer», l'a tancé Michel Jordens, le président de la cour, en soulignant que la peine était «sévère mais pas aveugle».

Autisme

Lors de ce procès très médiatisé qui s'était ouvert le 1er octobre, la défense d'Hans Van Themsche avait plaidé pour l'internement du jeune homme, expliquant qu'il souffrait d'une forme d'autisme qui le rendait irresponsable de ses actes.

Mais ses avocats, qui n'ont fait aucun commentaire après le verdict, n'ont pas été suivis par les 12 jurés, à la grande satisfaction des parties civiles.

«C'est un signal pour la société que l'on n'accepte pas qu'on tue pour des motifs racistes», a déclaré l'avocat de la famille de la jeune Malienne, Kris Luyckx. (ats)

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