Norvège: Le tueur du car détourné était un requérant débouté
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NorvègeLe tueur du car détourné était un requérant débouté

L'homme qui a poignardé trois personnes dans un bus norvégien, lundi, devait être expulsé du pays le lendemain.

L'homme soupçonné d'avoir tué lundi les trois occupants d'un car détourné en Norvège est un demandeur d'asile débouté qui devait être expulsé ce mardi, a indiqué la police norvégienne.

Agé de 30 ans, l'individu devait prendre, sans escorte, un vol pour Oslo avant d'être transporté hors du pays, a déclaré à l'AFP l'officier de police Aage Loeseth, confirmant des informations du tabloïde Verdens Gang (VG).

Le suspect, originaire du Soudan du Sud et dont le nom n'a pas été divulgué, était établi dans un centre d'accueil de demandeurs d'asile d'Aardal, petite municipalité de l'ouest de la Norvège.

Il est soupçonné d'avoir poignardé à mort lundi en fin d'après-midi les trois autres occupants d'un car reliant la région montagneuse de Valdres à la capitale norvégienne. Les victimes sont deux hommes d'une cinquantaine d'années, le chauffeur du car et un passager suédois, et une jeune femme de 19 ans.

«Nous n'avions détecté aucun signe avant-coureur», a indiqué à l'AFP Tor Brekke, le directeur adjoint de Hero, l'organisme gérant le centre d'accueil.

«C'était totalement inattendu. Rien n''indiquait un déséquilibre ou bien qu'il puisse faire cela», a-t-il ajouté.

Reconduit en Espagne

Arrivé en Norvège en avril, le suspect était établi à Aardal depuis le 26 août mais, conformément au règlement de Dublin, il avait été débouté de sa demande d'asile, car il avait d'abord déposé un autre dossier en Espagne où il devait être reconduit.

«Le voyage qu'il a entrepris lundi semble être le fait de sa seule initiative personnelle» sans rapport avec son expulsion, a précisé M. Brekke.

Maîtrisé par les services de secours arrivés avant la police sur le lieu du drame, il souffre lui-même de coupures légères et a été héliporté vers l'hôpital de Bergen, la deuxième ville du pays.

Critique sur la lenteur des agents

La patrouille de police la plus proche se trouvait à 89 km et a mis près d'une heure et quart pour se rendre sur les lieux du drame --une petite route départementale--, ressuscitant des critiques apparues après les sanglantes attaques de l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik.

Le 22 juillet 2011, Breivik avait tué 69 jeunes travaillistes réunis sur l'île d'Utoeya dans une fusillade qui avait duré une heure et quart, ce qui avait valu de vives critiques envers la police mise en cause pour sa lenteur.

Peu auparavant, il avait tué 8 autres personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo.

Arrivé au pouvoir le mois dernier, le nouveau gouvernement de droite s'est engagé à accroître les moyens de la police pour renforcer la sécurité. (afp)

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